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Youssef Filali à 2M.ma : ''la leçon à tirer de cette pandémie est la digitalisation de l’entreprise marocaine''

Selon les dernières statistiques du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’économie nationale se redresse progressivement. Mais de nombreuses entreprises marocaines ont fait les frais de la crise sanitaire imposée par la pandémie du Coronavirus. De nombreuses entreprises ont dû mettre la clé sous la porte, d’autres ont dû ralentir leurs activités.  Pour mieux comprendre l’impact de la crise sanitaire sur le tissu économique, 2M.ma a contacté Youssef Guerraoui Filali, Directeur du Centre Marocain pour la Gouvernance et le Management. Interview.

La crise sanitaire a eu un impact sur les jeunes entrepreneurs au Maroc. Comment expliquez-vous cela ?

Youssef Guerraoui Filali :   En lien avec la crise sanitaire liée au Covid-19, et suite aux décisions de confinement général, près de 57 % des entreprises du tissu économique ont annoncé l’arrêt définitif ou provisoire de leurs activités.  Les très petites et petites entreprises (TPE/PE), dirigées essentiellement par de jeunes entrepreneurs, et qui forment plus de 70% de notre tissu entrepreneurial, ont été directement impactées par les mesures afférentes à l'état d'urgence sanitaire.

Par conséquent, cela avait un effet direct sur l’entrepreneur marocain en matière de rémunération. Aujourd’hui, le taux de chômage chez les jeunes avoisine les 25% pour une population active (occupée et inoccupée). Pire encore, plusieurs jeunes entrepreneurs montrent leur intention de revenir au salariat. En toute franchise, je connais beaucoup qui postulent à l’échelle nationale afin de retrouver un revenu stable, et c’est un mauvais indicateur économique pour le pays. L’appui financier ne ciblait pas cette catégorie d’entreprises, et la majorité d’entre elles n’ont pu résister à cette crise causée par la Covid-19.

Comment les entreprises gèrent-elles aujourd'hui cette crise ?

Youssef Guerraoui Filali : Une grande majorité des TPE/PME ont déclaré « faillite », faute de moyens financiers suffisants. Celles-ci ne disposaient pas d’un fonds de roulement pour assurer les dépenses fonctionnelles (salaires, loyer, consommations, fournitures…) en période de confinement. Et vu qu’elles ne disposaient pas de comptes solides ou de garanties suffisantes, ces entrepreneurs n’ont pu bénéficier des produits de « Relance » des activités mis en place par le Comité de Veille Economique.

  Pour d’autres entreprises, le financement personnel, l’entraide du personnel et l’austérité financière ont été les principales actions de résistance. Bien évidemment, l’indemnité de la CNSS, moyennant 2000,00 DH par salarié déclaré, a servi une grande majorité d’entre elles pour les trois mois suivant la décision de confinement.

 

 

Le programme Intelaka a connu un franc succès durant les mois de janvier et février, mais avec le confinement tout a été gelés. Selon vous quelle est la solution pour relancer l'entreprenariat au Maroc ?

 Youssef Guerraoui Filali : La réactivation du programme « Intilaka », qui inclut aussi les autoentrepreneurs, permettra de promouvoir l’investissement en moyens de production, gisement de valeurs ajoutées. Les crédits d’investissements intégrés dans ce programme, et qui peuvent atteindre jusqu’à 1 200 000,00 DH, devront favoriser la relance de l’activité économique de notre tissu entrepreneurial.  En effet, c’est l’occasion de revoir les processus de production des  TPE-PME les moins compétitifs, voire les digitalisées, et ce pour les adapter aux nouvelles exigences d’automatisation imposées par cette crise sanitaire.  

Comment vous percevez l'avenir de l'entreprenariat au Maroc après la pandémie ?

Youssef Guerraoui Filali : L’optimisme rapporte de l’énergie positive. Il faut considérer les situations actuelles comme une opportunité d’émergence, tout en doublant l’effort d’accompagnement des entreprises. En cette conjoncture, les TPE-PME marocaines ont véritablement besoin de soutien et d’appui technique et financier.

 La plus grande leçon à tirer de cette pandémie est la digitalisation impérative de l’entreprise marocaine, afin de hausser son niveau de qualité de service et par conséquent la rendre plus compétitive. Mais au-delà, il faut faciliter l’accès aux commandes publiques-privées afin de permettre aux TPE/PME de faire fructifier leurs chiffres d’affaires et surtout de se développer.

 

 

Que conseillez-vous à une personne qui souhaite obtenir le statut autoentrepreneur au Maroc ?

  Youssef Guerraoui Filali : Sur le plan fiscal, le statut autoentrepreneur est avantageux au Maroc. Celui-ci procure à la personne une facturation des prestations en hors taxe  et une exonération d’impôt sur la société. En effet, il ne paye au fisc marocain que 1% du chiffre d’affaires encaissé pour chaque trimestre donné.

 Par conséquent,  il s’agit d’une étape préliminaire à l’entrepreneuriat puisque les chiffres d’affaires pour prestations de service ou activités industrielles ne doivent pas dépasser respectivement les montants de 200 000 et 500 000 DH par an.  

 

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