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Politique

UpM/25ème anniversaire du processus de Barcelone : croire en un « ensemble méditerranéen »

La pandémie du coronavirus donne une résonance particulière au 25ème anniversaire du processus de Barcelone, commémoré par les 43 pays membres de l’UpM. Cette crise est un rappel brutal à la réalité. Elle rend plus nécessaire que jamais une réponse collective par des actions coordonnées, au plus près des préoccupations des habitants de l’« ensemble méditerranéen ».

(Par notre correspondante à Paris, Houda Aït Lahbib)

C’est une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne et de 12 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée qui a été le cadre de la naissance du processus de Barcelone, le 28 novembre 1995.

Il s’agissait alors de renforcer les liens entre les pays du pourtour méditerranéen, partant du constat que seules des relations plus étroites, un dialogue permanent et une meilleure connaissance pouvaient contribuer à pacifier la région et la faire prospérer.

Pour dresser un cadre de coopération opérationnel, l’Union pour la Méditerranée a été créée en juillet 2008 lors du sommet de Paris, sur décision des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’organisation.

L’UpM est aujourd’hui la seule organisation euro-méditerranéenne intergouvernementale qui rassemble les pays de l’UE et les pays du Sud et de l’Est de la méditerranée.

Le constat qui a prévalu à sa création est clair : il n’y a pas de sécurité sans développement et pas de développement sans sécurité. Cependant, arriver à concrétiser l’idéal d’un « ensemble méditerranéen » sur la base de valeurs communes, dans le respect de la diversité de chacun, est un processus qui s’est avéré long et difficile.

Lui donner corps, c’était d’abord créer un environnement qui favorise la stabilité, œuvrer au renforcement de la coopération et du dialogue régionale, au développement humain et à l’intégration au niveau régional.

Ce sont là les missions stratégiques de l’UpM . Pour l’organisation basée à Barcelone, ces objectifs ne doivent occulter aucun des domaines qui préoccupent les citoyens de la région : l’eau, l’emploi, le changement climatique, l’énergie, les violences faites aux femmes, l’enseignement, l’innovation l’entreprenariat, la lutte contre l’extrémisme violent ou encore le transport et le développement urbain.

Ce sont les domaines sur lesquels l’UpM intervient avec des actions concrètes sur le terrain pour effacer l’image d’une organisation qui débat plus qu’elle n’agit.

Aujourd’hui, ce sont plus de 50 projets labellisés qui ont été menés avec comme fil rouge principal, la jeunesse qu’il faut autonomiser pour qu’elle puisse faire entendre sa voix et peser sur la prise de décision. C’est avec elle qu’il faut compter pour construire un dialogue, corriger les inégalités, relever le défi du changement climatique et faire face à l’accélération des mutations technologiques, dans un contexte politique régional et international complexe.

Le premier projet d’envergure entrepris par l’UpM est celui de l’usine de dessalement de Gaza où plus de 95% de l’eau n’est pas potable.

Au Maroc, le projet phare de l’organisation euro-méditerranéenne en matière d’enseignement supérieur et de recherche est en cours d’achèvement à Fès.

Il s’agit de l’Université Euro-méditerranéenne (UEMF), initiée par SM Mohammed VI et approuvée par les 43 Etats membres en 2012.C’est un centre d’excellence dont les valeurs s’inscrivent dans la promotion du dialogue et de l’échange interculturel, le partage de connaissance et la coopération dans le domaine de la recherche et de l’innovation.

L’UEMF présente la particularité de regrouper des étudiants et des enseignants issus de 32 nationalités. Etablissement à but non lucratif au Maroc avec le statut d’utilité publique, il regroupe 9 instituts et facultés.

Ainsi, ce sont 7 000 étudiants de toute la région euro-méditerranéenne et de l’Afrique subsaharienne qui fréquenteront l’établissement à l’horizon 2024.

Encadrés par 650 enseignants, 80% des élevés participeront à des expériences de mobilité à l’étranger et 20% d’entre eux pourront bénéficier de bourses complètes ou partielles .26 hectares ont été mobilisés par le Maroc pour un éco-campus de haut niveau dont la construction devrait être achevée en 2021.

En matière de développement économique et d’emploi, le Maroc fait également l’objet d’un programme ambitieux

Les Petites et Moyennes Entreprises sont en première ligne dans les différents projets labellisés par l’UpM. Les PME d’Agadir, par exemple, font l’objet d’une initiative destinée à renforcer leur compétitivité dans l’objectif de doper les échanges commerciaux entre les quatre pays membres de l’Accord d’Agadir signé en 2001 entre le Maroc, la Jordanie, l’Egypte et la Tunisie.

Le Maroc est également intégré dans le programme « Générations Entrepreneurs » pour l’amélioration de l’environnement de l’entreprenariat, particulièrement les initiatives menées par de jeunes porteurs de projets.

Le développement de la vallée du Bouregreg fait l’objet d’un autre projet d’envergure labellisé en 2015.

C’est l’un des 12 projets de l’Initiative pour le Financement Urbain (UPFI) lancé en 2014 par l’Union pour la Méditerranée. Il s’agit de développer de nouveaux quartiers professionnels et résidentiels dans la région métropolitaine de Rabat-Salé-Témara dans l’objectif d’obtenir de la diversité sociale, des services et des espaces publics qui répondent aux nouveaux besoins des populations et qui s’adaptent aux mutations, notamment écologiques.

Ainsi, la préservation des zones de culture, des actions de reforestation et de restauration de cours d’eau naturels de même que la création d’espaces écologiques protégés ont été pensés avec les gestionnaires du projet d’aménagement de la Vallée du Bouregreg .La continuité urbaine fonctionnelle entre les villes de Rabat et Salé est au centre de ce projet avec un axe fort consacré aux infrastructures routières.

Dans un autre registre, une action destinée à prévenir la violence à l’école, en particulier envers les jeunes filles et les femmes par le biais d’un nouveau programme d’éducation civique, a vu inclure le Maroc aux côtés de la Tunisie.

L’UpM doit s’accorder un droit d’inventaire

Ce sont là quelques-uns des projets qui illustrent l’opérationnalité de l’action de l’Union pour la Méditerranée, souvent critiquée pour son manque d’emprise dans la vie quotidienne des citoyens de la région. Elle a vu en 2017 redéfinir sa raison d’être par les chefs de la diplomatie de ses Etats membres de la manière suivante : « L’Union pour la Méditerranée : une organisation orientée vers l’action, poussée par un projet commun ».

Les répercussions sur les plans économique et social de la pandémie de la Covid-19 sont venus exacerber et multiplier des préoccupations qui n’épargnent aucun secteur d’activité, aucune nation et aucune génération.

Si, dotée d’une nouvelle feuille de route, l’organisation intergouvernementale méditerranéenne a réussi à trouver un modus operandi qui lui permet de coller au plus près des besoins des populations, il lui est nécessaire aujourd’hui de tirer les leçons, avec lucidité, des turbulences qui secouent l’Union européenne.

Elles lui imposent en effet un devoir d’inventaire, dans l’objectif d’épargner à « l’ensemble méditerranéen » qui se dessine, les écueils qui paralysent « l’ensemble européen » qui a inspiré sa création.

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