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Environnement

Le réalisateur Tarik Benbrahim : "La disparition du métier d'Asrayfi peut engendrer un désastre écologique"

Ce dimanche 21 Mars à 21h40 sur 2M, la case documentaire des «Histoires et des Hommes» vous propose de partir à la découverte de l’une des plus anciennes oasis du Maghreb : Celle de Figuig, et d'y faire la rencontre d’Asrayfi, le maître de l’eau dans l'oasis, son répartiteur ou plutôt... son banquier. 

Le temps d'un documentaire, "Asrayfi, le maître de l'eau de Figuig", coproduction de Tira Films et de 2M, lève le voile sur ce métier séculaire, transmissible au sein d’une même lignée, qui a permis à Figuig de développer et d'entretenir une nature luxuriante au cœur même du désert.

Le réalisateur de ce documentaire, Tarik Benbrahim, assimile ainsi à juste titre le métier d'Asrayfi à celui de "banquier de l'eau". "Pour moi, il est le nerf battant de la ville de Figuig et de son oasis. Dans cette zone où les ressources hydriques sont rares, chacun a son "compte en eau", ses parts... Asrayfi est celui qui gère ces comptes-là. Il connait vos "dépôts" en eau et à combien vous avez droit", explique-t-il dans des propos accordés à 2M.ma. 

M. Benbrahim, lui-même Figuigui, connaît bien les enjeux et les dangers que comporte la disparition d'un tel métier. "L'écosystème local repose sur l'exploitation d'une nappe phréatique qu'on peut qualifier d'artificielle : Figuig est approvisionnée par une chaine de sources d'eau connectées par des canaux, et c'est Asrayfi qui en est le gestionnaire. La fin de la pratique de ce métier peut engendrer un désastre écologique. Le chaos total régnera au niveau de la distribution d'eau dans l'oasis, menant ainsi à la disparition de plusieurs fermes et plantations".

La prise de conscience de l'importance de ce métier s'est récemment amplifiée, notamment parmi les jeunes, nous rapporte le réalisateur. Fait surprenant, le catalyseur en a été une expérience désagréable dont les habitants de Figuig ont fait les frais. Avec la construction et la mise en service de deux barrages dans la région, la population locale a cru que le temps du recours aux sources d'eau était révolu. "Ces barrages ont approvisionné Figuig avec abondance. Constatant cela, les habitants ont délaissé les sources dont ils dépendaient depuis toujours. Cependant, une sécheresse a eu lieu et l'eau a disparu des barrages. A ce moment là, et pendant une période de 9 mois, les gens se sont retrouvés dans l'obligation de recourir à Asrayfi pour pouvoir nettoyer et réexploiter les sources d'eau".

A l'heure où le monde célèbre, lundi 22 mars, la Journée mondiale de l’eau, ce métier ancestral prouve sa valeur dans un monde où le maintien de l'équilibre fragile entre l'homme et la nature devient de plus en plus difficile. Retrouvez "Asrayfi, le maître de l'eau de Figuig", dimanche 21 mars à 21H40 sur 2M.

 

 

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