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Santé, Education, Transport... les préoccupations du monde rural selon la CSMD
Nouveau modèle de développement

Santé, Education, Transport... les préoccupations du monde rural selon la CSMD

CSMD
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Lors de sa longue tournée à travers le Royaume, la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) a accordé une attention particulière aux doléances des citoyens dans les zones rurales et dans les petites localités en organisant plusieurs visites de terrain : toutes ont été l’objet de séances d’écoutes. Ces dernières ont montré dans l'ensemble des préoccupations spécifiques et intenses auprès de la population, notamment sur les volets de la santé, l'éducation et la mobilité. Détails. 

A l'issue des ateliers d'écoutes organisés par la Commission présidée par Chakib Benmoussa dans les différentes zones reculées au Maroc, un constat principal est partagé: le sous-équipement du territoire.

Tous les interlocuteurs ont déploré le manque de services publics : lorsque l’infrastructure et l’équipement existent, les citoyens regrettent l’inadéquation entre les capacités et les besoins des citoyens et l’absence d’une offre de qualité, fait savoir la Commission dans son rapport de restitution des écoutes. 

Santé: véritable talon d'achille 

L’accès aux soins de santé s’érige comme la préoccupation la plus pressante dans les régions éloignées, selon la CSMD. Deux points ont cristallisé l’expression citoyenne dans les régions visitées :

  • d’une part, pour les habitants des petites localités et des douars, l’absence de structures de soins accessibles qui oblige à se déplacer dans les villes chefs-lieux de province ou de région.

 

  • D’autre part, à l’échelle régionale, la faiblesse du personnel de santé, en quantité et qualité.

 

"Comment un infirmier peut gérer 74 villages sachant que tous les deux et trois jours nous avons 4 à 5 accouchements ? Nous n’avons ni infirmier ni médecin ici dans la commune. On doit se déplacer jusqu’à Taroudant et encore ce n’est pas facile à cause du transport et même à Taroudant, il n’y a pas suffisamment de lits à l’hôpital", s'interroge un participant lors d'une séance d'écoute organisée à Taliouine, dans la province de Taroudant.

 

Un enseignement rural défaillant 

La faiblesse de l’offre d’éducation constitue la seconde préoccupation sur laquelle s’accorde l’ensemble des participants. Elle se caractérise par un manque d’infrastructures, de moyens, de ressources humaines et de rudes conditions d’apprentissages. 

Trois types de problématiques sont revenus avec force dans les communes rurales visitées :

  • Plusieurs douars n’ont pas d’école primaire, de collège ni de lycée à proximité, amenant les élèves à parcourir jusqu’à 20 km pour y accéder et, en conséquence, à quitter l’école prématurément.

 

  • Les élèves de plusieurs niveaux sont souvent regroupés dans la même salle de classe limitant la capacité des éducateurs à leur offrir un enseignement de qualité.

 

  • Les programmes scolaires ne favorisent pas l’intégration des apprenants dans leur milieu. Le problème de la langue amazigh qui n’est pas maîtrisée par les instituteurs a été évoqué avec insistance à Taroudant. 

 

 

Des zones enclavées 

Sur le volet de la mobilité au milieu rural, deux types de problèmes ont été fréquemment évoqués  :

  • L’insuffisance des voies de communication et des moyens de transport.
  • L’enclavement des zones rurales et montagneuses et l’insuffisance du réseau routier, en termes de densité, de qualité et de connectivité au réseau national et aux grands centres urbains, représentent un frein majeur au dynamisme et à l’attractivité des territoires, entravant leur capacité à développer des activités économiques viables telles que le tourisme ou la vente des produits du terroir et amplifient les problèmes d’accès aux services publics, comme la difficulté d’accès aux centres de santé.

Pour surpasser ces défis, la CSMD indique que les acteurs locaux ont exprimé "une aspiration à voir émerger des solutions locales issues de l’écoute des populations concernées et d’aborder une approche des politiques par le bas", au lieu d'un "manque de consultation et d’ouverture sur la société civile" prédominant actuellement. 

C'est dans ce sens que la Commission "s’est appuyée pour l’organisation sur le tissu associatif local pour mobiliser et faire participer les populations de ces territoires", à travers les vingt séances organisées à travers le territoire national. 

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