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Economie

RAM : des pertes de 50 MDH par jour, la reprise sur une période minimale de 36 mois

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Dans une lettre adressée aux collaborateurs de Royal Air Maroc, le président-directeur général  de la Compagnie, Abdelhamid Addou, a admis qu'en dépit des efforts fournis pour réduire l'impact de la crise économique actuelle, les pertes en chiffre d'affaires s'élèvent à 50 millions de dirhams par jour. La reprise se fera dans la durée, sur une période minimale de 36 mois, avant de retrouver un réseau comparable à 2019.

Tout en félicitant les collaborateurs de la RAM pour les efforts fournis depuis le début du mois de mars sur plusieurs niveaux comme le plan de continuité d'activité, la gestion administrativé du plan d'austérité décidé, ou encore des actions opérationnelles de maintenance de machinerie, M. Addou a relevé que la préoccupation première était de garantir la sécurité du personnel de la RAM. Il a rappelé les décisions entreprises dans ce sens, dont l'adoption du télétravail pour les uns et des congés pour les autres, et la mise en oeuvre des mesures de distanciation sociale pour ceux qui doivent se rendre sur les lieux de travail. 

M. Addou a également fait part des résultats du plan d'austérité drastique adopté, qui a pour but de garantir la pérennité des emplois sur le court terme. "Grâce à ce plan, nous avons maintenu les fondamentaux de la compagnie, reporté des dépenses non essentielles, renégocié des contrats et des délais de paiement… Cela nous a permis de respecter nos engagements sur mars, avril et mai. Juin nécessitera néanmoins un apport important en termes de cash-flow. A l’instar de beaucoup de compagnies aériennes, nous pourrons lever de la dette garantie par l’Etat, pour faire face aux engagements du mois de Juin", explique le PDG. 

Autour de l'impact de cette crise, qui a touché de plein fouet l'ensemble de l'industrie aérienne, M. Addou a admis que la baisse du trafic est brutale et qu'aucune compagnie au monde ne peut y résister. En rappelant les prévisions de la contraction de la demande mondiale autour du transport aérien de 55% en 2020, des pertes évaluées à 314 milliards de dollars et la menace pesante sur 25 millions d'emploi dans ce secteur au niveau mondial, le PDG de la RAM a déclaré que l'impact de la fermeture du territoire national a été violent sur l'ensemble du réseau, avec une baisse de trafic respective de 60% en mars et de 100% en avril par rapport à l'année dernière, après une forte croissance à deux chiffres entre novembre 2019 et février 2020. Les pertes en chiffre d’affaires s’élèvent à 50 millions de dirhams par jour, annonce M. Addou.

"Nous traversons donc la pire crise de notre histoire, une crise mondiale d'une magnitude jamais connue par notre génération, bien plus violente que 2001 ou 2009. Celle-ci sera longue, douloureuse et appellera chacun de nous à faire preuve de discernement et d’abnégation pour privilégier l’intérêt commun et la préservation des emplois, aux considérations court-termiste. C’est la seule voie qui nous permettra de traverser cette épreuve difficile, avec le moins de dégâts possibles", poursuit-il.

Considération faite de la conjoncture actuelle et de son impact, la reprise se fera dans la durée, sur une période minimale de 36 mois, avant de retrouver un réseau comparable à 2019, indique la lettre. "Cette reprise nécessitera un plan clair, basé sur les prévisions publiées par IATA ainsi que les cabinets de conseils mondiaux. Ceux-ci évaluent la demande sur les prochaines années sur la base d’hypothèses diverses, faute de visibilité concrète", est-il précisé.

Un soutien matériel sera nécessaire à la RAM pour redémarrer son activité. "Les discussions sont en cours avec l’Etat, depuis le début de la crise. Nous travaillons étroitement avec plusieurs membres du gouvernement, afin de préparer une ébauche de plan de reprise à même de garantir la pérennité de notre entreprise à long terme", fait part M. Addou.

Plusieurs scénarii sont sur la table, en termes de niveau et de délais de redémarrage de l’activité. "Une direction sera validée par les actionnaires, à même de nous garantir leur soutien. Par la suite, nous mettrons en place des réunions de partage et de concertation avec les partenaires sociaux afin de finaliser au mieux le plan de reprise dans l’intérêt de nos employés et de notre entreprise, au service de notre pays. Nous chercherons à préserver au maximum l’emploi tout en garantissant la pérennité financière de la compagnie, et cela dans un environnement concurrentiel des plus agressifs, entre low costs européennes et compagnies aériennes africaines, face à une demande en fort repli", conclut la lettre.

 

 

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