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Nouveau modèle de développement

NMD/ renaissance éducative : " Aucun développement n’est possible sans redressement de l’école " (Youssef Saadani)

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Le rapport général de la Commission Spéciale sur le Nouveau Modèle de Développement (CSNMD) présenté le 25 mai à Sa Majesté le Roi Mohammed VI aspire à un Maroc "plus prospère et audacieux". En terme d’éducation, la CSMD prône une renaissance éducative, à travers un projet qui se fixe comme objectif de rénover l’école marocaine et de lutter contre la crise de tout un système. 2M.ma revient avec Youssef Saadani, économiste spécialiste des questions de croissance, de développement et d’éducation et membre de la CSMD sur ce projet ambitieux et sur l’état des lieux du système éducatif actuel. Eclairage.

Ce projet a été pensé lors des séances d’écoute avec les différentes classes sociales, dont la préoccupation majeure était l’éducation, nous souligne Youssef Saadani, qui estime que le système éducatif actuel souffre d’une triple crise : une crise d’apprentissage, de vocation de l’école et une crise de confiance entre les parents et l’école.

Au niveau de l’apprentissage, près d’un tiers des élèves finissent le primaire et le secondaire avec les compétences minimales requises tandis que les deux tiers en sortent sans posséder les bases de lecture de calcul et d’écriture, détaille l'expert. 

« Ce sont des défaillances d’apprentissage qui sont très importantes, avec des conséquences irréversibles pour la vie des élèves. En l’absence de compétences fondamentales, la réussite dans le supérieur ou encore dans la vie professionnelle s’avère impossible », souligne-t-il.

En ce qui concerne la crise de vocation de l’école, M. Saadani indique qu'elle n’assure plus son rôle d’ascenseur social. « Au lieu de réduire les disparités sociales, l’école a tendance à les amplifier face à une division entre école publique et privée », poursuit-il.

Pour ce qui est de la crise de confiance, le membre de la CSMD explique cela par un déclassement social énorme des enseignants et par une dépréciation de leur statut. Les parents ne font plus confiance au corps professoral et par conséquent, à l’école.

« Aucun développement n’est possible sans redressement significatif du niveau de l’école. Nous avons besoin d’une vraie structure pour restaurer la qualité de l’enseignement. C’est la condition fondamentale pour réussir le modèle de développement », Youssef Saadani. 

Les objectifs ?

Le projet de renaissance éducative se fixe comme objectif de passer de 30% d’élèves qui aujourd’hui acquièrent les compétences fondamentales à la fin du primaire et du secondaire à 90% à l’horizon 2035.

Pour y arriver, l’expert précise qu’il faut agir sur les 4 points névralgiques du système éducatif : les enseignants, les élèves, les établissements scolaires et les méthodes pédagogiques.

Investir dans la sélection, la formation ainsi que la motivation des enseignants, est selon lui, inévitable. « Le niveau d’un système éducatif ne peut pas dépasser le niveau de ses enseignants. Des enseignants mal sélectionnés et mal formés donneront lieu à un système éducatif défaillant », poursuit-il

« On veut restaurer le prestige et la performance du métier d’enseignant en lui donnant les conditions qui vont orienter les meilleurs étudiants vers cette profession et en offrant de nouvelles possibilités d’avancement professionnel. », ajoute-t-il. 

Par ailleurs, le projet s’est fixé comme objectif de casser le processus d’accumulation des lacunes au cours du parcours de l’élève, en mettant en place des paliers d’apprentissage, dès la première ou la deuxième année du primaire.

« Il faut évaluer le véritable niveau de l’élève de manière indépendante, sans attendre la certification », estime-t-il, soulignant qu’il faut découper le parcours d’enseignement en piliers d’apprentissage de deux ans chacun.

En cas d’absence des compétences, la solution est de mettre en place un système de soutien, autrement dit la remédiation scolaire, afin de corriger les défaillances très tôt. 

« Ce système doit se faire à l’école car aujourd’hui c’est à la charge des familles. L’enjeu pour nous est qu’il y ait une dynamique d’équipe pédagogique et qui s’inscrit dans la dynamique de réformes de manière volontaire », souligne Youssef Saadani.

Un autre objectif est la révision générale des programmes et des méthodes pédagogiques.

« Les méthodes doivent se baser sur la recherche scientifique et l’expérimentation. Aujourd’hui nous n’avons pas de démarche scientifique, notamment dans l’enseignement des langues », ajoute-t-on.

Les mécanismes de mise en œuvre du projet

Selon le spécialiste, pour mettre en œuvre ce projet, il faut assurer la continuité des réformes dans le temps ainsi que la mobilisation de ressources financières complémentaires conditionnées par de la performance.

« On ne doit pas déverser des ressources additionnelles sur un système qui dysfonctionne. Il faut qu’on soit sûr que chaque dirham dépensé ait un impact sur les apprentissages des élèves », conclut Youssef Saadani.

Il convient de noter que le nouveau modèle de développement est le pacte national qui constitue une nouvelle étape dans la consolidation du projet de société conduit par le Souverain. Il repose sur plusieurs axes et définit plusieurs objectifs relatifs à différents domaines à l’horizon 2035. 

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