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Covid-19

Mode opératoire, population cible, effets indésirable : Ce que l'on doit savoir sur le Molnupiravir

I.E.MI.E.M

A l'image des autorités sanitaires de nombreux pays comme les États-Unis ou la Royaume-Uni, le ministère de la Santé a donné l'autorisation de mise sur le marché au médicament antiviral "Molnupiravir".  Que sait-on sur ce traitement, appelé aussi MK-4482 ou "Lagevrio", et prédit comme un outil de poids dans la lutte contre la pandémie ? Voici une liste des principales informations à retenir à propos du Molnupiravir.

 

1- Une molécule étudiée depuis les années 1980

La formule chimique du Molnupiravir fait son apparition dans les années 1980 dans des recherches scientifiques qui visent à stopper la réplication du virus de la variole. La molécule est jugée hautement mutagène à l'époque et les recherches se révèlent peu fructueuses.

En 2013, l’Emory Institute for Drug Development aux États-Unis étudie à nouveau cette molécule dans le but de lutter contre le virus de l’encéphalite équine. Les chercheurs lui donnent le nom de « EIDD-2801 ». Elle est par la suite été testée en laboratoire contre plusieurs virus comme la grippe les hépatites et les coronavirus SARS-CoV-1 et MERS-CoV. Ces tests ont prouvé l’efficacité de la molécule contre la réplication de ces virus.

En mars 2020, La EIDD-2801 a été repris sous licence par « Ridgeback Biotherapeutics », qui lance un premier essai clinique contre le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) avant de s'associer au géant pharmaceutique Merck pour les phases 2 et 3 des essais. C'est dans ce contexte que la molécule a été rebaptisée "Molunpiravir".

 

2 - Mode opératoire

Le Molnupiravir bloque la réplication des virus à ARN (ribovirus). Dans cette famille virale, on retrouve les virus de la grippe, du SRAS, le virus MERS ou encore le coronavirus Sars-Cov-2, à l'origine du Covid-19. Les molécules du médicament s’incorporent au génome du coronavirus et entraine des erreurs de réplication de son ARN. Administré par voie orale sous forme de comprimés ou de poudre solide, le médicament réduit la charge virale au niveau des poumons et améliore la fonction pulmonaire. La durée préconisée du traitement est de 5 jours.

 

3 - Taux d’efficacité

Selon les données communiquées par Merck fin novembre 2021, ce médicament diminuerait de 30% le risque d'être hospitalisé ou de décéder en cas de d'infection par le Covid, alors que des essais précédents avaient estimé cette réduction à 50%.

 

4 – Population cible

En dépit de son taux d’efficacité jugé bas par une partie de la communauté scientifique, le Molnupiravir trouve sa place dans le traitement du covid, surtout en cas de vague épidémique. Il est préconisé pour le traitement des cas légers et modérés de covid-19 chez les personnes à risque (âgées de plus de 60 ans, immunodéprimées et/ou souffrant de maladies chroniques). Les médecins s’accordent sur le fait qu’il n’est pas un « remède miracle » mais un outil complémentaire qui ne remplace pas la vaccination en tant que fer de lance de l’effort de lutte contre la pandémie.

Le Molnupiravir est par contre déconseillé aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 15 ans. Il n'est pas aussi recommandé de le prendre en tant que  traitement préventif.

 

 

5 – Effets indésirables

Selon les résultats des essais cliniques du laboratoire Merck, des effets indésirables se sont manifestés chez moins de 1% des sujets. Parmi cette tranche, les effets indésirables ressentis (signalés pendant le traitement et durant les 14 jours après la dernière dose) sont la diarrhée (3 %), les nausées (2 %), les étourdissements (1 %) et les maux de tête (1 %). Ces effets sont tous d’une intensité légère à modérée.

 

6- Prix

Au Maroc, le médicament n’est pas encore disponible sur les étals des officines. Selon la Directrice du Médicament et de la Pharmacie, Bouchra Meddah, sa mise sur le marché se fera par étapes et il ne sera actuellement distribué qu'aux hôpitaux, gratuitement, dans le cadre du traitement anti-covid.

Son prix, non fixé pour l’instant par le ministère de la Santé, ne variera pas considérablement de ce qu’il est ailleurs : Fin décembre, les Etats-Unis ont commandé 3,1 millions de doses (boites) pour environ 2,2 milliards de dollars, soit quelques 710 dollars par dose (6535 DH).

 

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