Plus de résultats
En ce moment
Législatives algériennes : Un parti algérien d'opposition dénonce une "farce él…
Algérie

Législatives algériennes : Un parti algérien d'opposition dénonce une "farce électorale"

2M.ma avec Agences2M.ma avec Agences

Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD/opposition) a qualifié le scrutin législatif, tenu samedi dernier en Algérie, de "farce électorale".

"Les farces électorales dans le pays se suivent, se complètent et continuent d'approfondir le fossé entre le pouvoir et le peuple", a dénoncé le parti algérien qui a boycotté cette échéance électorale.

Il a estimé que la dernière en date est désormais symptomatique d’une inconscience des dirigeants sur l’impact hasardeux de leur politique sur la nation, en fustigeant "le gonflement et les triturations éhontés des taux de participation ".

Selon la même source, celles-ci "confirment que la fraude électorale est le moyen privilégié de la cooptation et du maintien au pouvoir de la clientèle du régime" et "renseignent, plus que tout autre discours, sur l’illusion entretenue par les décideurs quant à une volonté de combattre la corruption et de sortir d’un système mafieux et rentier".

"En fin de compte, c’est la persévérance du peuple algérien dans son action pacifique guidée par son ambition pour l’instauration de l’Etat de droit démocratique qui a fait encore une fois la différence", conclut le RCD.

Il s'agit des premières législatives depuis le soulèvement populaire inédit et pacifique, né le 22 février 2019 du rejet d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, poussé près de deux mois plus tard à la démission après 20 ans de règne.

Après avoir enregistré un boycott majoritaire de l'élection présidentielle en 2019 et une abstention écrasante au référendum constitutionnel le 1er novembre 2020, ces législatives ont été "un énième échec des rendez-vous électoraux vains".

D'après le constitutionnaliste algérien, Ahmed Betatache, en annonçant un taux "moyen" de participation de 30,2 % à la fermeture des bureaux de vote à 20H00, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) "a tenté d’amortir le choc de l’abstention".

Le taux de participation était de 14,74% à 16h00 et de 10,02 % à 13h00, a-t-il rappelé, expliquant que le président de l’ANIE s’est évertué à donner des chiffres "pare-chocs" au point d’inventer un terme qui n’existe dans aucun système électoral en l’occurrence "la moyenne de taux de participation".

Il a noté qu’il s’agit du total des taux de participation dans chaque wilaya, divisé sur le nombre de wilayas, notant que ce taux n’a aucune signification légale, politique ou arithmétique.

"Il est en effet inconcevable d’établir une moyenne entre une wilaya où le fichier du corps électoral compte 2 millions inscrits et une autre wilaya qui compte 20.000 inscrits sur la liste électorale", a détaillé ce constitutionnaliste.

"Dès lors que l’ANIE avait disposé dès samedi soir des chiffres provisoires du nombre des participants dans chaque wilaya, elle aurait pu présenter le nombre des participants et les taux de participation", a enchaîné M. Betatache.

Et d’asséner que si l’ANIE ne l’a pas fait "c’est parce que le choc a été grandiose", n’excluant pas que "le retard dans l’annonce des chiffres sert à manipuler les chiffres, comme c’est désormais l’habitude".

En Kabylie (nord-est), la quasi-totalité des bureaux de vote ont fermé à Béjaïa et Tizi Ouzou, les villes les plus peuplées de la région, selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme et le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Des échauffourées ont éclaté dans plusieurs localités kabyles et les forces de l'ordre ont procédé à des dizaines d'interpellations, selon ces deux ONG.

Le CNLD a également fait état d'arrestations à Alger et dans la ville voisine de Boumerdès.

Avant les élections, le Hirak, qui réclame en vain un changement radical du "système" de gouvernance en place depuis l'indépendance en 1962, a dénoncé une "mascarade électorale". Les partis d'opposition ont boycotté ce scrutin, rejeté également par le Hirak, ce mouvement de protestation qui a chassé le président Abdelaziz Bouteflika du pouvoir après 20 de règne sans partage.

 

Les contenus liés

Les articles à la une