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Golfe de Thaïlande: Le Marocain Yassine Darkaoui signe un deuxième record mondial de navigation

Tout juste au moment où il reçoit un mail lui affirmant que son record a été validé par l’organisation des notaires d’Europe, Yassine Darkaoui a bien voulu répondre aux questions de 2M.ma. Ce Marocain a en effet signé un record mondial de traversée en dériveur dans le Golfe de Thaïlande ceci après son dernier record il y a 4 ans.

L’aventurier a pu souffler, jeudi dernie, après avoir établi ce record à bord d’un Laser Olympique en parcourant une distance de 150 milles (250 km) en solitaire et sans assistance. Il a ainsi pris le départ mardi matin au large de Hua Hin, au sud de Bangkok, et a réussi à parcourir cette distance sans interruption en 30 heures, signant un « record de temps et de distance à naviguer en continu entre deux points fixes ». 

L’ironie du sort en a voulu ainsi puisque Yassine était parti à la base pour battre un record de distance de 500 miles (800 km) en ligne droite. Sauf que les contraintes sont là et l’homme s’est ainsi vu imposer par son assureur de ne pas aller au-delà de 20 km des côtes, pas de quoi décourager le navigateur. Il a ainsi décidé de mettre en place deux points fixes dans le périmètre délimité et a opté pour des va-et-vient, « c’est alors que je comptais faire les 800 km de cette manière », a-t-il confié. Mais c’était sans compter sur les conditions extrêmes auxquelles ce quadragénaire a fait face, notamment les centaines d’embarcations impossibles à voir dans la nuit noire, où tout peut arriver, et dans ces conditions.

Un périple dangereux

« Je ne pouvais voir qu’à maximum 5 mètres devant moi, c’était un danger de mort constant. Je ne pouvais rien voir et j’avançais à grande vitesse, je surfais sur de grosses vagues. Au bout de la deuxième nuit j’ai envoyé un mail à la personne qui s’occupait de mon record du monde lui expliquant que je tourne en rond entre ces deux bouées pour un record du monde qui a été réalisé en ligne droite en pleine mer et sans aucun danger. Tandis que moi je risque vraiment ma vie sachant que je ne pouvais pas dormir, impossible dans un Laser. C’est alors que sa réponse a été de me changer de catégorie », nous a-t-il raconté.

 

A partir de cette réponse, Yassine savait qu’il détenait déjà le record dans cette catégorie et qu’il pouvait dans ce cas-là mettre cap vers la plage : « j’ai senti que passer plus de temps dans l’eau était une très grosse erreur; c’était inutile étant donné que j’avais déjà établi un record ». Sachant que plus les heures passent plus le danger augmente dans ces conditions, puisqu’après quelques temps l’aventurier commençait à avoir des hallucinations.

A travers ce défi qu’il a réussi à relever, le navigateur voulait faire passer plusieurs messages. «L’un était de se dire que lorsqu'on a une passion il faut la pousser à bout», a-t-il confié. Chose qu’il faisait, dit-il, soulignnant que les dernières années ont été rythmées par cet état d’esprit pour ce challenge qui lui en a demandé beaucoup tant sur le plan émotionnel qu’intellectuel. « C’est comme une sorte de réconciliation avec ce que j’ai vécu. J’ai aussi beaucoup bataillé pour avoir des sponsors, tout cela m’a forgé », raconte Yassine.

Ce natif de Tanger explique que cette idée lui est venue spontanément un matin. Etabli depuis huit ans en Thaïlande, il dit n’avoir plus rien à faire après la saison de surf à Phuket, soit 5 mois par an. Commençant à s’ennuyer de ses journées vides, il s’est donc mis en tête de battre ce record. Tout à l’improviste et rapide même dans sa préparation : « Ma préparation m’a pris seulement 3 mois, j’ai eu également le financement et les sponsors dans ce laps de temps », déclare-t-il. Une préparation seulement physique puisque l’aventurier n’est sorti en mer que très peu de fois, il a plus misé sur le sport et la méditation pour relever ce défi. 

Le début d’une série

« C’est un challenge qui m’a énormément appris sur ma personne. A travers ce défi j’ai appris à gérer mes peurs et le stress. J’ai aussi appris à manager notamment démarcher les sponsors etc. Ce sont des choses que même les meilleures des universités ne vous enseignent pas, des choses que je n’aurais jamais pu apprendre à travers les livres », raconte-t-il. Car Yassine est un "éternel étudiant". En effet, à 40 ans il ne cesse d’étudier, lire et se documenter sur divers sujets : « Je n’arrête jamais d’étudier. J’ai obtenu ma maîtrise en stats informatique il y a 20 ans. Après quoi j’ai étudié les sciences de l’esprit. Actuellement, j’étudie également la sécurité informatique et la sécurité de réseaux et je poursuis aussi une formation de marketing ».

Avec ce record, il compte ainsi continuer sur sa lancée. D’autant plus que cette passion lui coule dans les veines depuis la naissance. Oui ! Fils de commandant dans la marine marchande, Yassine est tombé dans le bain quelques heures après sa naissance. « Ma passion pour les bateaux a démarré très jeune (...) depuis ma naissance j'étais sur le bateau avec mon père ». Plus tard, âgé alors de huit ans il intégrera aux côtés de son frère, avec qui il partage cette passion, l’école de voile de Tanger, la "magie" opère alors. « Je suis tombé amoureux de ce sport. En plus de cette passion je pratique le surf ainsi que le skate board », nous confie-t-il. Une passion pour l’eau qui coule dans ses veines au point d’en avoir fait son métier en Thaïlande puisqu’il occupe un poste de business développeur pour une entreprise de bateau. 

 

Celui pour qui les modèles sont entre autres Mike Hall et Nikola Tesla et dont la famille est à 17.000 km ne manque pas de motivation. « Je souhaite encore battre des tonnes de records, j’aimerais dans ce sens devenir une sorte de référence dans le monde de la navigation avec dériveur en solo et sans assistance », explique fièrement l’homme. Un autre rêve lui tient particulièrement à coeur, a-t-il confié. « Trouver ma reine ! Et je prends ça vraiment au sérieux », après avoir été marié durant six ans, « cette très belle histoire d’amour a pris fin il y a un an et demi », a-t-il raconté, faisant savoir que depuis, il vit seul à l’autre bout du monde.

Ainsi, sa performance, consignée par les données du GPS-traceur, va être homologuée par l’«Official World Record», afin qu’il puisse vaquer à de nouvelles occupations dans deux grands projets sur lesquels il travaille d’arrache-pied et un nouveau record à venir très prochainement. « Quand on parle de rêve c’est comme si on formulait une finalité. Or ce n’est pas le cas, réaliser ses rêves, pour moi, est une routine, c’est ce qui me permet de construire de plus belles choses dans le futur », conclut avec optimisme le record-man.

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