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Société

Focus à Salé sur la place des valeurs et de vivre-ensemble dans la réinsertion des détenus

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La place des valeurs de tolérance et de vivre-ensemble dans le processus de réinsertion des détenus a été au cœur d’une rencontre tenue, mercredi à Salé, consacrée au thème des "Valeurs: authentification du concept et sa relation avec la question carcérale".

Lors de cette rencontre organisée dans le cadre de la 8ème édition du programme "université dans les prisons", des panélistes ont considéré que la facilitation du processus d'intégration des détenus dans la société passe, sans nul doute, par la promotion du système de valeurs parmi cette catégorie sociale.

Le chercheur en sciences sociales et anthropologiques Mohamed Tozy, a indiqué que le Royaume a besoin de se doter de références relativistes susceptibles de stimuler les conditions de vivre-ensemble, de tolérance et d'acceptation de l'autre.

A cet égard, le sociologue a mis l'accent sur les recherches autour de la représentation des valeurs dans les différentes sociétés, relevant que "la vérité absolue" telle que considérée par une partie des Marocains peut dans certains cas attiser les sentiments d’intolérance et nourrir les tendances extrémistes.

M. Tozy a plaidé en faveur d'un modèle où l’école, la famille et la mosquée puissent développer un référentiel en termes de valeurs modérées, en tant que rempart pour la préservation de la société contre l’extrémisme et de promouvoir les valeurs de savoir vivre ensemble.

Pour le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Oulémas, Ahmed Abbadi, la problématique des valeurs dans la société marocaine nécessite un effort scientifique en vue de la cerner en profondeur, suivre son évolution et disposer des données suffisantes sur leurs représentations par les individus, dans la perspective de stimuler leur appropriation.

Il considère que les valeurs de la société requièrent une attention toute particulière, estimant qu'une réinsertion réussie des détenus dans la société appelle à une reconsidération minutieuse de telles valeurs, rappelant à ce propos les dynamiques à l'origine de ces valeurs tout au long de l'histoire du Maroc, de l'évolution qu'elles ont subie en relation avec les mutations sociétales.

Par ailleurs, le chercheur en culture Amazigh Ahmed Assid a estimé lors d’un autre débat sur "les valeurs entre responsabilité individuelle et institutionnelle" que la réinsertion des détenus représente une action intimement liée aux valeurs sociétales en ce sens qu'elle passe par l'encadrement des citoyens et la promotion du sentiment d'appartenance.

Il a sur ce registre insisté sur la nécessité d'inculquer le sentiment d'appartenance citoyenne et les comportements civiques chez les détenus, mettant en évidence l’importance de suivre et de se mettre au diapason des changements sociétaux, particulièrement chez les personnes condamnées à de longues peines, si l'on souhaite mener à bien leur réinsertion.

De l'avis du chercheur et académicien Ibrahim Machroukh, la réinsertion demeure avant tout un acte subjectif et individuel puisqu'il engage d'abord la personne du détenu et sa propre volonté de rompre avec certaines représentations négatives des valeurs.

Le chercheur a relevé l’importance de promouvoir l’esprit critique chez les détenus et de développer leur prise de conscience pour qu'ils se rendent à l'évidence selon laquelle la sanction répressive demeure liée à l'acte commis avant tout autre chose.

Le processus de réinsertion consiste à accompagner le détenu pour reconstruire sa personnalité sur des valeurs positives en développant des sentiments et des valeurs d'identité, de responsabilité et de volonté indépendante, a-t-il résumé.

 

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