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Décès de Mustapha Alaoui, directeur de "Al Ousboue Assahafi": témoignages...
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Décès de Mustapha Alaoui, directeur de "Al Ousboue Assahafi": témoignages...

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Le directeur de l’hebdomadaire "Al Ousboue Assahafi", Mustapha Alaoui est décédé ce samedi 28 décembre à Rabat, des suites d’une longue maladie. Il était âgé de 83 ans. 
De nombreux amis et collègues ont voulu lui rendre hommage. 
2M.ma a pu recueillir des réactions de certaines plumes qui ont côtoyé le défunt au cours de sa longue et riche carrière, et qui n'ont pas tari d'éloge sur le défunt et sur sa contribution au progès du journalisme au Maroc.


Nourredine Miftah, fondateur et directeur de l'hebdomadaire Al Ayam : «Feu Mustapha Alaoui est l'un des pionniers de la presse nationale. Il était connu pour ses positions courageuses, qui avaient conduit même un jour à l’interdiction de parution de son journal et à son arrestation. Amoureux de sa profession, il a tenu à rédiger et à publier son billet intitulé "Alhaqiqa Addaiâa" (la vérité perdue, ndlr) jusqu’au jour de sa mort. Ayant été le contemporain de trois rois, on peut le considérer comme étant un des historiens du Maroc. Il était humaniste, mais rigoureux et tenace dans l'exercice de son métier. Je me souviens d'une anecdote survenue lorsqu'on a effectué ensemble la "Omra". Feu Alaoui avait alors comparé le "Tawaf" autour de la sainte Kaaba à la circulation sanguine, les deux étant vouées à ne pas s'arrêter».  

Hassan Alaoui, fondateur de Maroc Diplomatique : «Ce sont des circonstances douloureuses. Nous avons appris avec beaucoup de peine le décès de Moulay Mustapha Alaoui, fondateur du journal "Al Ousboue Assahafi" mais aussi "Kawaliss". Il avait beaucoup d'expérience, de présence et de mérite dans le champ de la presse et dans le champ politique aussi car c'était une voix très écoutée. Grand professionnel, c'est lui à mon sens, l'instigateur du journalisme d'investigation au Maroc, et on ne pourra jamais lui enlever ça. C'est lui l'inventeur du paradigme du journalisme critique : il ne craignait aucune vérité. On avait hâte d'aller acheter son journal tous les jeudis, et qu'on achète toujours, pour voir comment Si Mustapha réagissait aux événements. Ses analyses étaient très pertinentes. Nous perdons aujourd'hui un grand homme, un maître surtout, je le considère en tant que tel car il était notre aîné, que Dieu l'ait en sa sainte miséricorde».

Naïm Kamal, directeur du journal en ligne Quid : «Nous avons perdu un journaliste de la première heure. Le défunt était présent depuis l’aube de l’indépendance et a accompagné l’évolution du Maroc et celle de la presse marocaine. Mustapha Alaoui s’est fait une place de choix parmi le paysage journalistique national. C’est un homme qui aurait pu changer de créneau, mais qui est toujours resté journaliste jusqu’à la fin de sa vie. Ce matin j’avais entre les mains son éditorial consacré à la nécessité de réconciliation, que l’on peut confédérer, d’ailleurs, comme un vœux testamentaire. La mort de Mustapha Alaoui est certes une perte. Il va laisser une place que lui
seul pouvait occuper, c’est-à-dire ce journalisme tel que lui-même a toujours pratiqué et que peu de
gens ont fait à sa manière. Il était l’inspirateur de la presse d’expression arabe, voire de toute la presse
nationale ».

Les obsèques de  Mustapha Alaoui ont eu lieu samedi après-midi. Après les prières d’Al-asr et du Mort, le cortège funèbre s’est ébranlé vers le cimetière de Sidi Messaoud au quartier Ryad, à Rabat, où le défunt a été inhumé.

Journalistes, mais également hommes politiques et personnalités publiques ont tenu à rendre un dernier hommage au défunt, en accompagnant le cortège funèbre au cimetière.  

Plus tôt dans la journée, le chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, a rendu hommage, dans un tweet, à feu Mustapha Alaoui en admettant être un de ses lecteurs depuis les années 1960.

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