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Modèle de développement

Consultations élargies, auditions, visites de terrain... Comment a été pensé le nouveau modèle de développement

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I.E.MI.E.M

Près d'un an et demi après son installation, la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD) a livré son rapport à SM le Roi Mohammed VI. Chronologie d'un processus qui aura nécessité 70 auditions et séances d’écoute, 113 ateliers de travail ayant connu la participation de 360 experts nationaux et 75 autres internationaux, 35 séances d’écoute citoyenne et 30 visites de terrain, le tout ayant directement impliqué près de 10.000 personnes. 

Création, composition et missions

SM le Roi Mohammed VI avait annoncé la mise en place de la Commission spéciale chargée du modèle de développement dans Son discours adressé à la nation, lundi 29 juillet 2019 depuis Tétouan, à l’occasion du 20ème anniversaire de Son accession au Trône. 

Dans les objectifs qui lui ont été tracés, ladite commission devait prendre en considération, au cours de ses travaux, les grandes orientations des réformes engagées ou en passe de l’être, dans des secteurs comme l’enseignement, la santé, l’agriculture, l’investissement, le système fiscal. Ses propositions devront viser leur perfectionnement et l’accroissement de leur efficacité. 

Pour ce faire, cette instance consultative devait regrouper différentes disciplines académiques et diverses sensibilités intellectuelles, et rassembler des compétences nationales issues du public et du privé.

Outre de l’expérience et une exigence d’impartialité, ces profils devaient être "suffisamment outillés pour comprendre les dynamiques à l’œuvre au sein de la société et aller au-devant de ses attentes, sans jamais perdre de vue l’intérêt supérieur de la Nation", avait affirmé le Souverain en soulignant que cette commission ne tiendra lieu ni de second gouvernement, ni d’institution officielle parallèle. Elle jouera plutôt le rôle d’organe consultatif investi d’une mission limitée dans le temps.

SM le Roi avait fait part de ses attentes quant à la mission de cette commission qui se doit de remplir son mandat avec impartialité et objectivité en portant à sa connaissance un constat exact de l’état des lieux, aussi douloureux et pénible puisse-t-il être. Elle devra aussi être dotée de l’audace et du génie nécessaires pour proposer des solutions adaptées.

C’est ainsi que, le 19 novembre 2019, SM le Roi a nommé M. Chakib Benmoussa, un technocrate rodé aux rouages de l'administration et à ceux de la diplomatie, à la présidence de la CSMD.

Quelques jours après cette nomination, le Souverain a désigné, le 12 décembre 2019, les membres de la Commission, au nombre de 35. Ces derniers ont des parcours académiques et professionnels pluriels et une connaissance importante de la société marocaine et des questions politiques, économiques et sociales, culturelles et environnementales. La Commission a ainsi mobilisé des compétences marocaines travaillant tant au Maroc qu’à l’international, actives et engagées dans les secteurs public, privé ou de la société civile.

Un chantier de longue haleine 

La première réunion de travail de la CSMD s'est déroulée lundi 16 décembre 2019 à l'Académie du Royaume. "Conformément aux Hautes orientations royales contenues dans le Discours du Trône de 2019, les missions attribuées à la CSMD sont axées sur deux principaux objectifs", a souligné M. Benmoussa : Faire un diagnostic "précis et objectif" de la situation actuelle, en vue d’observer les dysfonctionnements à corriger pour déterminer les points de force, de manière à renforcer les acquis et de tracer les contours du nouveau modèle de développement qui "devrait permettre au Maroc d’accéder aux rangs des pays avancés", avait-t-il expliqué.

A partir de cette date, la CSMD s'est donnée 7 mois avant de rendre son rapport, qui devait être remis au Souverain "avant la fin du mois de juin 2020". 

Quelques jours après, la Commission a mis en place une "charte morale", où elle annonce avoir décidé de procéder à l’écoute des institutions, des forces vives de la nation incluant les partis politiques, les syndicats, le secteur privé et les associations.

Cette écoute large et ouverte a débuté dès jeudi 2 janvier 2020, dans le but de recueillir les contributions et les avis des parties sollicitées en vue de l’élaboration d’un modèle de développement. Ainsi, la Commission a reçu dans son siège les délégations de partis politiques (PJD, PAM, RNI, PI, USFP, MP, PPS, UC, etc.), de syndicats (UMT, UGTM, CDT, FDT et autres), d'institutions, de corps professionnels et d'acteurs de la société civile de divers horizons, tant bien à l'échelle nationale que régionale.

Cependant, l'avènement de la pandémie de nouveau coronavirus a entravé le bon déroulement des travaux de la Commission et l'a poussé à suspendre ses visites sur le terrain.  A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles : La CSMD a adapté ses outils et son mode de travail en respect des règles sanitaires et a lancé une plateforme digitale le 13 avril 2020. Cette dernière avait pour but de permettre à la Commission de recevoir et de collecter les contributions et les idées soumises par les citoyens et les Marocains du monde, afin d’enrichir le débat et de partager les expériences et les réflexions. Cette plateforme a permis, à terme, de recueillir 2270 contributions et d'accueillir 53.373 utilisateurs.

Dans le souci de recueillir les suggestions de toutes les catégories et les tranches d'âge, la Commission a veillé à inclure la jeune génération dans son processus. Ainsi, un appel national de contribution sur "le Maroc de demain" à été lancé, le 2 avril 2020, à destination des lycéens. Quelques 3.277 dissertations lycéennes ont été reçues.

Le 4 juin 2020, SM le Roi a accordé un délai supplémentaire de six mois à la CSMD. Ce délai additionnel vise à permettre à la Commission d'approfondir les différents volets du modèle de développement projeté, et d'intégrer dans ses travaux les implications et transformations engendrées par la pandémie, ainsi que les enseignements qu'il convient d'en tirer à moyen et long termes mais aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale. 

La Commission a également accordé un intérêt particulier aux régions et a prêté l'oreille à leurs représentants, la création de valeur sur les territoires étant un axe majeur de la réflexion engagée par la CSMD. Dans cette logique, un cycle de rencontres régionales a été lancé le 15 juillet 2020 et mené avec des représentants des 12 régions du Royaume, afin d’identifier les leviers pour créer des pôles de croissance régionaux et les dispositifs institutionnels, économiques ou encore financiers nécessaires pour les animer.

La CSMD a aussi poursuivi ses réunions, ses ateliers-débats et ses auditions en mode visio-conférence et ce de manière soutenue, intensifiant ainsi son action pour conclure le processus de consultations élargies dans les meilleurs délais. Un nouveau cycle d'auditions et de séances d'écoute institutionnelles a été entamé en août 2020, dans le cadre d'une nouvelle phase qui visait principalement à tenir compte de l'impact de la crise inédite engendrée par la pandémie, et ce pour permettre aux différents acteurs d'échanger et partager leurs propositions dans ce sens.

Lundi 23 novembre 2020, la Commission a annoncé que le processus de consultations élargies "touche à sa fin". Au total, la CSMD aura effectué 70 auditions et séances d’écoute, 113 ateliers de travail ayant connu la participation de 360 experts nationaux et 75 autres internationaux, 35 séances d’écoute citoyenne et 30 visites de terrain. Ces séances d’écoute et ateliers de travail ont permis de rencontrer et d'interagir directement avec 9.719  personnes et de toucher, à travers les réseaux sociaux, quelques 3.205.000 autres.

 

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