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Joe Biden investi 46e président des Etats-Unis : "La démocratie l'a emporté"
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Joe Biden investi 46e président des Etats-Unis : "La démocratie l'a emporté"

2M.ma avec Agences2M.ma avec Agences
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Joe Biden est devenu mercredi 20 janvier le 46e président des Etats-Unis, lors d'une cérémonie d'investiture à laquelle n'assistait pas son prédécesseur Donald Trump, parti pour la Floride quelques heures plus tôt.

Joe Biden, qui accède à la Maison Blanche à 78 ans à l'issue d'une très longue carrière politique, a prêté serment devant le Juge de la Cour suprême John Roberts, quelques minutes après que sa colistière Kamala Harris eut également prêté serment comme 49ème vice-présidente des Etats-Unis. Elle devient la première femme et noire à accéder à ce poste stratégique.

"Je jure solennellement que j'accomplirai loyalement les fonctions de président des Etats-Unis et que je ferai de mon mieux pour préserver, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis", a-t-il déclaré sur les marches du Capitole.

Dans son discours inaugural, le président élu Joe Biden a indiqué que "la démocratie l'a emporté", saluant une journée "d'espoir" pour l'Amérique.

"La volonté du peuple a été entendue et la volonté du peuple a été respectée", a-t-il affirmé quelques minutes après avoir prêté serment, appelant l'Amérique à "l'unité".

 

17 décrets exécutifs à son arrivée au Bureau Ovale

Le président américain a signé, dès son arrivée pour la première fois au Bureau Ovale, une série de décrets exécutifs destinés à annuler certaines décisions de son prédécesseur.

Le premier décret exécutif signé par le 46ème président US porte sur l'obligation du port du masque dans les bâtiments fédéraux, signalant son intention de s’attaquer rapidement à la pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 400.000 victimes dans le pays.

M. Biden a également signé un décret annonçant le retour des Etats-Unis à l’Accord de Paris sur le climat, et un autre visant à suspendre la procédure de retrait de Washington de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au total, le président américain a signé 17 décrets et mémorandums, dont une proclamation annulant l’interdiction de voyage imposée par son prédécesseur sur plusieurs pays musulmans et africains, ainsi qu’un ordre de suspension des travaux de construction du mur avec le Mexique.

"C’est les premiers de mes nombreux engagements que nous avons ici", a déclaré M. Biden à la presse lors de sa première apparition au Bureau Ovale. "Avec la situation actuelle du pays, nous n’avons pas de temps à perdre. Il faut commencer à travailler immédiatement", a-t-il souligné.

"Quelques unes des actions exécutives que je vais signer aujourd’hui vont aider à inverser le cours de la crise de Covid-19 et à lutter contre les changements climatiques", a-t-il fait savoir.

Joe Biden et sa vice-présidente élue Kamala Harris étaient arrivés au Capitole, au cœur de Washington, avant d'être investis à midi (heure locale) en tant que 46e président et 49e vice-présidente des Etats-Unis.

Figure marquante de la politique américaine, Joe Biden a remporté l'élection particulièrement tendue de novembre dernier, avec la promesse d'unir et réconcilier une Amérique polarisée plus que jamais et confrontée à une sévère pandémie de coronavirus, un ralentissement de l'économie et à de fortes tensions sociales et raciales.

L'ancien vice-président de Barack Obama pendant huit ans, et ancien sénateur du Delaware pendant près de trois décennies, succède à Donald Trump qui a quitté tôt la Maison Blanche, boycottant ainsi la cérémonie de prise de fonction de son successeur auquel il a tenu à souhaiter "bonne chance" pour assurer "la sécurité et la prospérité de l'Amérique".

C'est sous tension que les Américains célébrent l’investiture de Biden dans une capitale fédérale barricadée avec un déploiement impressionnant des forces de l’ordre.

L'événement placé sous le thème: "l’Amérique Unie" ne ressemble nullement aux festivités fastueuses traditionnelles en pareille moment solennel qui marque la transition pacifique du pouvoir d’un président à son successeur.

Outre la pandémie de Covid-19 qui touche le pays de plein fouet, avec un bilan de 400.000 morts, le risque de nouvelles violences après l’intrusion du 6 janvier au Capitole, a contraint le comité d’organisation à alléger sensiblement le programme de la cérémonie et à limiter drastiquement l’accès au public qui affluait auparavant par centaines de milliers sur la pelouse du National Mall pour suivre les festivités.

 

 

Joe Biden, l'archétype de la réussite à l’américaine

Né le 20 novembre 1942 à Scranton, une petite ville ouvrière de Pennsylvanie, Joseph Robinette Biden Jr., dit Joe Biden, est l'archétype de la réussite à l’américaine. Malgré une série de tragédies personnelles, il a réussi, grâce à sa persévérance et à son empathie, à se frayer le chemin vers la Maison Blanche.

En 1972, à seulement 29 ans, Biden, encouragé par les dirigeants du parti démocrate au Delaware, se lance dans une élection improbable pour le Sénat. Défiant les pronostics, il devient le sixième plus jeune sénateur de l’histoire des Etats-Unis.

Mais alors qu’il se préparait à sa nouvelle mission à Washington D.C., Biden est secoué par la perte tragique de sa femme et de sa fille dans un terrible accident de voiture. Ses deux fils, grièvement blessés dans l’accident, finiront par s’en sortir. Grâce au soutien de sa famille, un Biden inconsolable rejoint le Capitole, qu’il ne quittera plus jusqu’en 2009.

En 1975, il rencontre une enseignante, Jill Tracy Jacobs, qui devient sa deuxième épouse en 1977. Ensemble, ils ont une fille, Ashley Blazer, née en 1981.

Au cours de ses 36 ans au Sénat, Biden s’est forgé une réputation d'expert en politique étrangère, présidant pendant des années le stratégique Comité des relations extérieures. Il a milité notamment pour le contrôle de la course aux armements avec l’Union soviétique, la promotion de la paix aux Balkans et l’inclusion dans l’Otan des anciens pays du bloc soviétique.

En politique intérieure, Biden est connu pour ses positions fermes sur le crime, un choix qui le hantera plus tard lors de la campagne présidentielle de 2020. L’aile progressiste du parti démocrate lui reproche d’avoir soutenu la Loi sur le contrôle des crimes violents et des forces de l’ordre de 1994, qui est considéré à l'origine de l’incarcération massive des minorités noires aux Etats-Unis.

Fort de sa réputation de conciliateur au Sénat, Biden décide en 1987 de se lancer dans sa première élection présidentielle. Une tentative qui tourne vite au fiasco après avoir été accusé de plagier un discours.

Vingt ans plus tard, Biden tente à nouveau de briguer l’investiture de son parti, au cours d’une primaire très disputée face à Barack Obama et Hilary Clinton. Il abandonne rapidement après la primaire de l’Iowa, handicapé par sa réputation de gaffeur en série. En 2009, Joe Biden devient le 47ème vice-président des Etats-Unis, un rôle qui le propulsera au devant de la scène politique mondiale.

Mais en 2015, alors que les rumeurs concernant une possible candidature de Biden pour la présidentielle de 2016 prennent de l’élan, la tragédie frappe à nouveau le vice-président qui perd son fils Beau, décédé à 46 ans des suites d’un cancer.

Ces tragédies personnelles finiront par cimenter aux yeux du public américain l’une des plus grandes qualités de Biden, à savoir son empathie.

C’est cette même qualité qui lui permettra, selon plusieurs observateurs, de convaincre des Américains traumatisés par une crise sanitaire sans précédent de se tourner vers lui en 2020.

 

Kamala Harris, la première femme vice-présidente des Etats-Unis

Avant d'être, de son côté, la première femme vice-présidente des Etats-Unis, Kamala Harris a d’abord été la première femme noire à être élue procureure de district en Californie, la première procureure générale de Californie et la première sénatrice d'origine indienne.

Née le 20 octobre 1964 à Oakland, en Californie, cette fille d’immigrés incarne à merveille le rêve américain. Sa mère, Shyamala Gopalan, est une immigrante d’Inde qui travaillait comme chercheuse spécialiste du cancer du sein, tandis que son père Donald Harris, est un économiste originaire de Jamaïque.

Le 21 janvier 2019, elle a annoncé sa candidature pour la primaire du parti démocrate. Malgré des performances solides lors des premiers débats, qui lui ont permis d’opérer un bond dans les sondages, ses chances de victoires se sont vites envolées. Certains électeurs progressistes lui ont reproché notamment sa réputation de "dure" contre le crime, ou encore ses positions ambivalentes sur la couverture santé universelle.

Désormais, la première femme vice-présidente des Etats-Unis est considérée comme l’avenir du parti démocrate, et la favorite pour la Maison Blanche au cas où Biden ne se présente pas pour un second mandat en 2024.

 

 

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