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Histoire

Kan Ya Mkan: Safi, une ville en mal de reconnaissance (Vidéo)

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Rares sont ceux qui connaissent la vraie notoriété de Safi! Cette ville, parmi les plus anciennes du Royaume, aujourd’hui réduite à la fabrication artisanale de poterie et au rayonnement de la Aïta Hasbaouiya, (patrimoine oral mêlant chant et poésie), peut pourtant se vanter d’une histoire, profonde, riche en évènements… Mohammed Mennis, Président de l’Association Mémoire de Safi, en dépoussière quelques chapitres oubliés dans ce numéro de Kan Ya MKan :

Safi acquit un rayonnement international au XIIe S. C’est grâce au géographe Mohammed Charif Al-Idrissi que la ville apparaîtra, officiellement, dans une carte géographique (Premier planisphère représentant Safi et le Tensift), à l’époque des Almoravides.

Une renommée qu’elle doit en amont au positionnement stratégique de son port mais aussi à la mosquée Almoahidiyya, actuellement la grande mosquée. Un bijou d’architecture construit, à l’image de la célèbre Koutoubia», près d’un siècle avant, mais qui ne jouira pas du même essor tout comme la muraille de la ville, fortification almoravide-almohade. Autant de monuments boudés voire délaissés…. Pas loin, dans les ruelles étroites de la médina, se trouve le quartier et la maison ATTAR, en hommage à Mohammed Benhaddou ATTAR, sémillant trentenaire polyglotte repéré par Moulay Ismaïl en 1626. Il deviendra ambassadeur du Sultan auprès des Anglais et sera à l’origine de la reprise des relations commerciales gelées pendant la période des Corsaires…

Des monuments et des hommes

L’autre personnalité emblématique de Safi est Cheikh Abderrahmane Bennasser. Le gouverneur et trésorier, qui aida Mohammed Benabdellah, petit fils de Moulay Ismaïl  à accéder au trône. En guise de remerciements, le nouveau sultan établi à Essaouira va restaurer la ville entièrement et ordonnera la construction de plusieurs écoles sans oublier sa résidence bâptisée Ksar El Bahia.

Quand on parle de la dimension religieuse, on ne peut s’empêcher d’évoquer Cheikh Sidi Mohammed Saleh. Ce mystique érudit fut le premier à organiser, à travers tout le Royaume, les caravanes de pèlerinage à la Mecque. Il fonda des Zaouias, tout le long de la côte atlantique, pour servir de haltes de repos et de recueillement…

Le monument qui résiste au temps et qui fait toujours la fierté de Safi est la colline des potiers. Des artisans locaux qui appellent encore affectueusement la poterie «El Amali» en référence à Boujemâa El Amali, jeune lauréat de l’Ecole des beaux arts d’Alger, sollicité par le maréchal Lyautey pour développer la poterie marocaine. Séduit par la poterie de Safi il lui donne un cachet bien particulier grâce à des pigments minéraux  en l’occurrence de Cobalt notamment le vert et le célèbre bleu.

Il fit construire la première école de poterie et dessina les petites faïences qui ornent la façade de la chambre de commerce…

Safi est aussi une ville symbole de cohabitation et de coexistence, en témoigne la cathédrale portugaise parmi les plus anciennes de l’Afrique du Nord… Le sanctuaire de Oueld Ben Zmirou, qui connaît, jusqu'au jour d'aujourd'hui, une  forte affluence de la communauté juive des quatre coins de la planète à l'occasion de la célèbre fête de  la "Hiloula" en Septembre. 

 

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