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Télétravail en confinement : la santé mentale des salariés impactée (étude)
Santé

Télétravail en confinement : la santé mentale des salariés impactée (étude)

I.E.MI.E.M
Modifié le

En gagnant du terrain, la pandémie de nouveau coronavirus a chamboulé le quotidien de centaines de millions de personnes de par le monde. Elle a forcé les gouvernements à adopter des mesures préventives, voire restrictives, pour le bien commun de tous. Les répercussions indirectes de ces mesures restent toujours difficile à cerner, notamment leur impact psychologique sur l'être humain.

Plusieurs entreprises se sont ajustées à la réalité du confinement en adoptant le télétravail, assurant ainsi la continuité de leur activité et la sécurité de leurs ressources humaines. Mais cette solution est elle véritablement sans risques, surtout pour des salariés inhabitués à associer la vie professionnelle et personnelle? 

C'est la question à laquelle s'est efforcé de répondre Hicham Alaoui Arradi. Cet ingénieur de formation a mené un sondage auprès de 93 salariés marocains soumis au télétravail et ce, pour essayer de mettre en évidence l'impact de cette mesure sur leur santé mentale.

Et, d'après les résultats du sondage, cet impact est négatif, particulièrement en raison d'un double impératif : celui d'assurer leur travail et d'assurer la garde des enfants et leur suivi pédagogique (89% des parents en télétravail gardent leurs enfants avec eux). Les principaux symptômes apparus chez ces salariés sont la fatigue (67%), le stress (47%), la tension interne (38%), le manque de concentration (38%), l'humeur dépressive (16%) et l'anxiété (19%).

Parmi les difficultés rencontrées par les télétravailleurs, 74% de ces derniers citent la difficulté d'honorer conjointement les engagements professionnels à distances et ceux familiaux, 30% peinent à suivre simultanément les cours de leur enfants ou leur garde et les tâches ménagères, sachant que 62% de cette catégorie a plus de deux enfants, et 17% des télétravailleurs souffrent de l'empiètement du travail et de la pression qu'il génère sur leur vie familiale. 

Ces résultats s'expliquent par le fait que les employeurs et les salariés marocains ne sont pas habitués à ce mode de travail, relève l'auteur du sondage. Le travail à distance reste restreint au Maroc car moins de 8% des entreprises y ont recours contre 70,8% en France, 66,7% en Allemagne ou 53,3% en Italie. La réticence vis-à-vis de ce mode de travail s'explique par l'absence du cadre légal le régissant pour le secteur public, et la difficulté de le mettre en oeuvre dans le secteur privé.

En effet, la réglementation actuelle exige la mise en place de modalités compliquées : mesures à prendre pour protéger la santé des employés, garantir leur sécurité et leur fournir une assurance des accidents de travail en sont un exemple. S'y ajoute le manque de confiance installé entre les managers et leurs collaborateurs, soit parce que la nature du travail ne permet pas d'être géré à distance, soit parce que les responsables n'arrivent pas à se libérer du besoin de tout contrôler, avance l'enquête. 

La situation est aggravée par l'arrivée de la pandémie et le confinement qui s'est ensuivi, ce qui a bousculé les employeurs et rendu difficile la mise en place de conditions favorables pour basculer au télétravail dans des délais courts. Ce mode de travail est une "découverte absolue" pour une majorité de salariés, de même que les employeurs n'ont pas pu mettre à la disposition de leur personnel tous les moyens de communication et d'assistance nécessaires pour mener à bien leurs missions. 

Toutefois, les facteurs précités pris en compte, il y a lieu de dire que le confinement a fait évoluer les employeurs et les salariés et que cette expérience imposée est un exercice qui permettra de tirer des leçons et d'améliorer ce mode de travail dans le futur.  Après le confinement, une attention particulière devra être accordée au cadre législatif et réglementaire du travail à distance. Les employeurs sont également invités à basculer vers une gestion par objectifs, qui requiert la pratique de faire confiance aux salariés et à leur capacité de travailler de manière autonome, conclut l'auteur de ce sondage.

 

 

 

 

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