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Programme de soutien artistique : Les subventions qui divisent
Culture

Programme de soutien artistique : Les subventions qui divisent

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Le sujet défraie la chronique depuis trois jours. Sur les réseaux sociaux, une liste dévoilée le 28 septembre par le ministère de la Culture, comportant les noms des bénéficiaires du  programme exceptionnel de soutien destiné au domaine artistique au titre de l'année 2020. Depuis que la polémique a éclaté, différents acteurs du domaine artistique ont réagi, notamment Nouamane Lahlou et Said Mouskir, qui annoncent renoncer subventions qui leur ont été octroyées. Certains syndicats sont également montés au créneau pour dénoncer une aide non équitable.

Le programme en question a pour but de promouvoir des projets culturels et artistiques et d'accompagner différents acteurs dans les domaines du théâtre, de la musique, de la chanson, de l'art de la scène, de la chorégraphie et des arts plastiques et visuels. Accordé depuis 2008, il a été particulièrement décrié cette année. Au centre de ce débat figure le montant de l'enveloppe budgétaire accordée aux 459 projets soutenus, et qui s'élève à 36,77 millions de Dirhams.  14 MDH de ce budget ont été alloués au financement de projets portés par 146 artistes  dans le cadre de la subvention apportée à la musique, les chansons et les arts de la scène et de la chorégraphie.

Face à cette manne financière débloquée par la tutelle, une majorité d'avis ont qualifié d'"inopportun" le timing de cette opération ou encore d'"excessives" les sommes octroyées à certains artistes en pleine crise sanitaire. Au vu de la conjoncture actuelle, certains ont jugé judicieux d'orienter ce genre de financements vers d'autres secteurs "prioritaires": la santé, la sûreté ou encore l'enseignement.

Nouamane Lahlou a été l'un des premiers artistes à être interpellé par rapport à la polémique. Sur sa page officielle Facebook, l’artiste a annoncé qu’il renonçait à la subvention qui lui a été octroyée par le ministère de la Culture, et qu’il en faisait don au Fonds spécial pour la gestion de la pandémie. Sur les ondes de Radio 2M, au cours de la matinale du 1er octobre, Nouamane Lahlou a livré plus d’explications. “La communication du ministre de la Culture a été mal interprétée par les citoyens”, a affirmé Nouamane Lahlou, expliquant que l’appellation “programme exceptionnel de soutien” a induit beaucoup de personnes en erreur. “Dans le contexte de crise qu’a généré la pandémie, la plupart ont pris ces subventions pour des aides sociales liées à la COVID-19. En réalité, ce programme de soutien a été mis en place il y a 11 ans. Il ne s’agit pas de fonds alloués socialement”, a-t-il réfuté. D’ailleurs, les montants alloués par le programme exceptionnel de soutien sont “maigres” puisqu’ils couvrent à peine 60% des dépenses d’un projet artistique, a jugé Nouamane Lahlou, puisque l’artiste doit s’acquitter de la moitié de la somme reçue en impôts (20% en TVA et 30% en IGR).

 

 

 

Le chanteur marocain Said Mouskir a également renoncé à la subvention à laquel il est éligible. Il a annoncé cela sur sa page officielle Instagram, annonçant qu’il souhaitait que ce budget soit utilisé pour la création d’infrastructures vitales dans les régions qui ont en actuellement besoin. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

سلام عليكم.

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Divers syndicats représentatifs des professionnels du secteur se sont également exprimés par rapport à la polémique. Dans un communiqué conjoint, le Syndicat des auteurs et compositeurs indépendants marocains (SACIM), le Syndicat artistique des producteurs et auto-producteur (SAPA), et le Syndicat artistique des droits voisins (SADV), ont estimé que “l’enveloppe allouée aux subventions est dérisoire”.

Dans un contexte de crise du secteur artistique marqué par l’annulation des festivals, mariages, concerts et autres manifestations artistiques, les syndicats jugent les montants insuffisants pour couvrir les charges d’un projet artistique, mais aussi que la sélection du ministère n’a pas inclut de nombreux “types d’arts”. Ainsi, en plus de subventions aux projet artistiques, les syndicats demandent au ministère le déblocage d’aides sociales directes aux artistes. 

De nombreuses voix de la scène artistique se sont également élevées pour dénoncer le caractère “sélectif” du programme exceptionnel de soutien. La chanteuse Latifa Raafat a notamment critiqué le ministère de la Culture pour avoir alloué de telles sommes "à des noms inconnus". 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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La polémique continue de bouillir, au fur et à mesure que les internautes et les artistes s’expriment.

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