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Mehdi Dehbi à 2M.ma : “Messiah est une fiction !… On n’est pas artiste pour que…
Interview

Mehdi Dehbi à 2M.ma : “Messiah est une fiction !… On n’est pas artiste pour que tout le monde soit d’accord !"

Un regard profond et perçant, une mi-longue chevelure noire, beaucoup de lucidité et un charisme indéniable, l’acteur belge Mehdi Dehbi, protagoniste de la série événement “Messiah”, diffusée sur Netflix, a fait beaucoup parler de lui dernièrement. Depuis sa diffusion, la série divise la toile. Nombreux sont les admirateurs du thriller politico-religieux qui questionne la foi et joint le réel au surnaturel. Toutefois, certains dénoncent “une atteinte à la religion”. Mehdi Dehbi, revient avec 2M.ma sur son rôle dans la série, ses passions, ses projets d’avenir et autres.  Interview .


2M.ma: Comment est née votre passion pour le cinéma ? 

Mehdi Dehbi: Avant le cinéma, c’était le jeu! Cela a commencé avec le théâtre depuis l’enfance, je m’amusais à écrire de petites "scénettes" dans ma chambre ainsi que des chansons, puis j’ai participé à des concours de mode pour enfants... Tout cela m’a permis d’explorer mon terrain d’expression !

La série “Messiah” a suscité une polémique après sa sortie, vous attendiez-vous à une telle controverse ? 

Je n’ai pas cette impression là ! J’ai reçu beaucoup de lettres de gens qui ont été touchés par le message de la série qui les a incités à explorer leur propre foi, ou peut être à confirmer des choses sur leur foi. C’est une fiction, ce n’est pas l’éloge de la spiritualité ou de la religion -sûrement pas la religion- ! Les gens qui le prennent comme une polémique, devraient être dérangés dans leur foi. 

L’expression artistique est ce qu’il y a de plus cher à l’humain, que l’artiste puisse proposer un miroir qui soit déformant ou pas de la société et puis de proposer un échange, un débat d’idées ou autres, c’est absolument essentiel à l'humain ! Si l’humain prend l’expression artistique pour de la provocation ou de la polémique ça fait aussi partie de la démarche artistique… On n’est pas artiste pour que tout le monde soit d’accord, pour que tout le monde aime ce qu’on fait, on fait cela pour justement essayer en tant qu’humains d’avancer ensemble et de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas… 

Cette série qui “questionne la foi”, est enveloppée d’un certain mystère, provient-il également de la vraie personnalité de Mehdi Dehbi? 

Cela coûte cher à ma personne de lier ma vraie personnalité à un personnage...Avant Messiah, j’ai joué dans des dizaines de films et chaque rôle mène vers un autre. J’ai joué une femme à 20 ans, puis un jeune palestinien après... Tous ces rôles là ont été très importants pour moi et m’ont appris beaucoup de choses sur l’humain. 

… Et de tous ces rôles, quel est celui que vous avez toujours rêvé d’incarner ? 

Jésus ou un personnage messianique ! (Rires)  C’est comme si j’avais un instinct très bizarre qui me disait qu’un jour j’allais le jouer. J’ai toujours eu un intérêt pour cela...Je ne savais évidemment pas que cela  allait arriver de cette manière là (la série Messiah, Ndlr). 

Les deux autres rôles dont j’ai toujours rêvés aussi sont Roméo, que j’ai eu la chance de jouer deux fois, une fois à Londres et une autre en France, et Kaliayev, dans les Justes que je n’ai pas encore joué. 


Vous êtes actuellement en résidence artistique à Marrakech, pour préparer un spectacle, parlez-nous en davantage 

C’est une adaptation du roman Soif d’Amélie Nothomb, paru aux éditions Albin Michel en 2019.  A travers Soif, le Christ raconte lui-même sa crucifixion avant et après. C’est une sorte de traversée dans son paysage. Amélie Nothomb le ramène à la terre et lui fait ressentir des émotions très humaines comme la peur, le mépris, l’amour…

Dans l’adaptation que j’ai voulu faire, j’ai essayé de me concentrer sur des points dramaturgiques spécifiques et j’ai fait le choix de concentrer l’histoire de Soif, en plus de la crucifixion, sur une histoire d’amour entre Jésus et Marie Madeline (incarnée par Ouidad Elma), car c’est une figure oubliée de l’Histoire...Encore une fois une femme qu’on a mis de côté !

Madeleine pour moi est un peu la métaphore de ce que l’on impose aux femmes depuis plusieurs siècles, puis il y a une troisième voix, celle de Rachel Koblyakov, une violoniste qui incarne l’esprit par le violon. 

Après des mois passés à Marrakech, la ville ocre est -elle arrivée à vous inspirer ? 

Je peux élargir cela à tout le Maroc qui est un pays situé entre deux continents. C’est un pays qui assiste à un brassage et à un foisonnement culturel et artistique. C’est un Royaume qui a toujours gardé son identité culturelle diverse. Le Maroc est très  inspirant, et je suis très content qu’on m’ait invité à venir créer ce spectacle à Marrakech. La dimension artistique et cinématographique est présente partout et dans tout ce qui se passe dans cette ville, allant des chats des rues à la couleur des murs en passant par les lumières et les gens. C’est très poétique comme ville... !

Quels sont vos  projets d’avenir ? 

Après cette étape de travail au Maroc, nous allons, grâce à une boîte de production que j’ai conjointement créée avec mon associé Samuel Potin, créer des projets en cette période de pandémie où la culture est très bâillonnée. Nous allons donc  tout faire pour jouer ce spectacle (Soif)  au Caire,  à Jérusalem, à New York et éventuellement dans d’autres instituts français à travers le monde, en plus de celui de Marrakech. 

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