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Droits de l'Homme

M.Chami: "Il n'y aura pas de réduction des inégalités sociales sans investissement adéquat dans l'enfance"

2M.ma avec MAP2M.ma avec MAP

 Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Reda Chami, a affirmé, vendredi à Marrakech, que "sans un investissement adéquat dans l’enfance, nous ne pourrons prétendre à la diminution de la pauvreté et des inégalités sociales, à l’accroissement du bien-être de notre société et à une croissance économique".

M. Chami, qui intervenait lors d’une Journée Institutionnelle initiée sous le thème "L’enfant au cœur du nouveau modèle de développement", dans le cadre du 16ème Congrès National des Droits de l’Enfant, organisé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI et la Présidence effective de SAR la Princesse Lalla Meryem, a souligné qu’"aujourd’hui plus qu’hier, l’enfant doit être notre priorité", tout en saluant le travail de Son Altesse Royale, présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE), pour ses actions ainsi que son dévouement continu en faveur de l’amélioration de la situation de l’enfance.

Mettant en avant les avancées au Maroc après la ratification de la Convention internationale relative aux Droits de l’enfant (CIDE), M. Chami a indiqué qu’en 30 ans, grâce aux efforts de toutes les institutions et les acteurs concernés, le Royaume a réalisé des avancées, notamment la consécration des droits des enfants par la Constitution de 2011, en particulier le droit à l’enseignement fondamental, à une égale protection juridique et une égale considération sociale et morale, le recul de la mortalité infanto-juvénile (enfants de moins de 5 ans) qui est passé de 76 pour 1000 naissances vivantes au début des années 90 à 22,16 pour 1000 naissances vivantes en 2018, et la hausse du taux de scolarisation (99,5% dans le primaire), particulièrement pour les jeunes filles dans le milieu rural.

Il a également cité la révision de la législation nationale dans le sens de l’harmonisation avec les principes de la Convention, notamment celui de "l’intérêt supérieur de l’enfant" (révision du code de la famille, code du travail, code pénal et code de procédure pénale, code de la nationalité…), l’adoption de politiques publiques spécifiques à l’enfance, notamment le Plan d’action national pour l’enfant et le Programme national exécutif de la politique publique intégrée de protection de l’enfance.

Toutefois, il a souligné que malgré ces efforts déployés, beaucoup reste à faire, expliquant, dans ce sillage, que beaucoup d’enfants font l’objet notamment de risques importants d’exclusion sociale, sont encore particulièrement exposés à des formes extrêmes de violence ou soumis à des normes et pratiques sociales préjudiciables.

"Cette situation devrait nous rassembler, amener chacun de nous à réfléchir sur la manière de prendre soin des enfants et de les protéger, de veiller à ce que leurs conditions de vie soient les meilleures possibles, de les respecter, de les aider à vivre en famille, à grandir, à accéder à l'autonomie afin de les préparer à un meilleur avenir", a-t-il martelé, soulignant que le CESE, conscient de cet état de fait, a accordé depuis sa création une attention particulière à la situation de l’enfance dans le Royaume.

Rappelant que le référentiel de la charte sociale du Conseil, réalisée en 2011, retient l’objectif de garantir et de protéger les droits des enfants et de promouvoir leur épanouissement, en appui sur les normes nationales et internationales pertinentes, M. Chami a expliqué que le CESE a consacré plusieurs de ses rapports à cette problématique.

La réflexion menée par le Conseil sur ce sujet, basée sur une approche participative, reflétant à la fois le point de vue de la société civile organisée représentée au sein du CESE ainsi que l’apport des différents acteurs auditionnés par le Conseil a permis la formulation de plusieurs actions visant la promotion et la protection des droits des enfants (67 actions dont 24 dans l’avis sur le mariage des enfants et 43 dans le rapport sur l’effectivité des droits des enfants), a-t-il soutenu.

Ces actions portent sur trois aspects : le premier concerne la lutte efficace contre l’exclusion sociale des enfants, le second se rapporte à la lutte contre les pratiques préjudiciables aux enfants, alors que le troisième a trait à la politique intégrée de protection de l’enfance engagée par le gouvernement, a expliqué M. Chami.

Il a, dans la foulé, relevé que le CESE préconise de doter cette politique de ressources financières plus importantes en vue de permettre une mise en œuvre plus soutenue à l’échelle nationale et territoriale, mettre en place de dispositifs territoriaux intégrés pour la protection de l’enfance, à travers l’intégration de la protection de l’enfant dans les programmes de développement régionaux, provinciaux et les plans d’action des communes, ainsi que la mise sur pied d’un comité régional de protection de l’enfance, en charge de la déclinaison territoriale de la politique intégrée de protection de l’enfance.

Il a, d’autre part, noté que cette Rencontre constitue une belle occasion de "faire avancer les droits de chaque enfant dans notre pays, en mettant son intérêt au cœur de toutes les réflexions".

"Notre ambition est de bâtir un Maroc dans lequel les enfants, indépendamment de leur statut ou milieu social, jouissent pleinement et équitablement de leurs droits, tels que stipulés par la Constitution et la Convention internationale relative aux droits de l’enfant", a-t-il conclu.

S’exprimant au nom des enfants parlementaires, Fatim Zahra Akhyar, finaliste de la 4ème édition du Défi de la lecture arabe à Dubaï (Emirats arabes unis), s’est félicitée de la mobilisation des différents acteurs en faveur de la promotion des droits de l’enfance, comme en témoigne la présence de responsables de haut niveau à cette Journée institutionnelle.

Elle a saisi l’occasion pour mettre en avant l’action du Parlement de l’enfant en tant que plateforme pour l’expression des préoccupations et des aspirations des enfants, appelant à renforcer les services et prestations offerts au profit des enfants dans les différents domaines, tout en accordant un intérêt particulier aux enfants abandonnés et en situation de rue.

 

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