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Communication

M. Achaari : On ne peut bâtir une presse libre que sous un système démocratique libéral

2m.ma/MAP2m.ma/MAP

L’ancien ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Achaari a indiqué, mardi à Rabat, que la situation politique caractérisée par la léthargie et l’échec de la réforme du secteur de la presse constituent les deux principaux obstacles qui entravent la mission des médias dans l’accompagnement du développement.

L'espoir de transition vers la démocratie, attendu de la Constitution de 2011, ne s’est pas concrétisé de la manière souhaitée, a estimé M. Achaari, qui était invité au Forum de la MAP, tenu sur le thème "la presse est-elle actuellement un facteur de progrès au Maroc?",  relevant qu’à deux ans presque des élections législatives, il règne une impression qu’on est dans l'impasse politique et qu’il manque des projets offrant des choix divers aux électeurs.

Concernant le secteur de la presse, M. Achaari a souligné qu’on ne peut bâtir une presse libre que sous un système démocratique libéral, estimant que la défense de la liberté de la presse doit continuer en tant que cause commune de l’ensemble des démocrates et non pas seulement des journalistes.

L’appel à la réforme de la presse s’appuie sur trois fondements, à savoir une législation avancée garantissant la liberté d’expression, le droit à l’information et la protection des sources et abrogeant les peines privatives de liberté, des règles d’auto-régulation pour préserver la dignité de la profession et imposer la déontologie et la réforme des médias publics, a-t-il noté.

Mais, selon M. Achaari, "nous avons échoué à réformer" ces trois composantes et c’est "la cacophonie de la médiocrité" qui domine à présent sur la scène, ajoutant que "les textes législatifs ne sont pas les plus importants (même s’ils sont appelés à être avancés), mais plutôt les politiques adoptées à travers la législation" et que "les politiques peuvent se montrer plus avancées que les textes législatifs et proposer à la société des schémas plus tolérants".

Concernant la situation des médias publics, l'invité a estimé qu’"après deux décennies de réforme, ce secteur s’enfonce dans une situation qui n'offre pas d'issue favorable", relevant que les télévisions et les radios existants "ne portent de publique que le nom".

Évoquant la situation des radios, l’ancien ministre de la culture et de la communication a fait remarquer qu’elles ont donné la parole aux citoyens et contribué au développement de la langue amazighe. Mais, le romancier reproche à ces médias d'"avoir détruit les langues", a-t-il ajouté, appelant la HACA à accorder une importance à ce volet.

La réforme des médias publics et audiovisuels reste caractérisée par l’échec dans la présentation d’une version compétitive de nature à devenir une locomotive pour le reste des médias marocains, a-t-il dit.

Abordant l’auto-régulation de la profession du journalisme, M. Achaari a indiqué que le service que peut offrir le conseil national de la presse à la profession est d’ouvrir le dialogue entre les journalistes en vue de protéger cette profession et de rétablir la confiance.

Si le rôle de médiateur du conseil se fait attendre en raison du retard dans la publication des décrets d’application, l’important est de favoriser le climat général et non pas la définition des prérogatives ou le traitement des plaintes et litiges qui sont en fin de compte qu’”une procédure administrative”.

Au niveau de l’évaluation générale de la situation actuelle de la presse, M. Achaari a relevé des “régressions", mais aussi des points positifs à améliorer à l’avenir.

Et de conclure que le journalisme reste un facteur de progrès, soit en ce qui concerne les questions qu’il soulève où les combats qu’il mène.
 

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