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La TPME, locomotive de l’économie nationale en quête de soutien
Economie

La TPME, locomotive de l’économie nationale en quête de soutien

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Il y va sans dire que le bien-être de l’économie nationale passe par celui des très petites entreprises (TPE). Ces entités, formant plus de 90% du tissu économique national, se comptent à 4 millions d’unités, selon les chiffres avancés en juillet 2019 par Abdellah El Fergui, président de la confédération marocaine des TPE-PME.

Les très petites entreprises mobilisent également 50% des investissements et génèrent 40% de la valeur ajoutée, un poids qui nécessite de leur accorder un soutien fort et un accompagnement continu, notamment au volet du financement.

Ces entreprises, dont le chiffre d’affaire est inférieur à 3 millions de dirhams et qui emploient mois de 10 employés, opèrent en majorité dans les secteurs des services (43,5%), du commerce (27,9%) et de la construction (20,9%), et optent rarement pour une activité industrielle (7,7%).

Selon l’enquête nationale auprès des entreprises menée en 2019 par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), plus de 78% des TPE existantes ont été créés il y a moins de 20 ans. Cette prolifération s’est accentuée dans différents secteurs, comme la construction, où les TPE représentent 82,7% des entreprises crées dans la dernière décade, ou encore le commerce (73,8%).

Au volet de l’export, les TPE s’orientent davantage vers l’exportation de services, représentant 66,9% de ces exportations dans la balance commerciale, et optent moins pour le commerce (20,5%) ou l’industrie (12,5%). Cependant, 56% d’entre elles sont des « exportateurs occasionnel », et ce même taux considère que la baisse de la pression fiscale constituerait une mesure importante pour l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise à l’international.

En ce qui concerne l’accès aux nouvelles technologies, les TPE ont encore du chemin à faire. Par exemple, seulement 19% d’entre elles possèdent un site web, et 34% ont constitué une flotte mobile.

Au niveau des freins à l'investissement, les dirigeants des TPE évoque principalement le manque de financement (73,7%), suivi de la concurrence du secteur informel, les procédures administratives et la politique fiscale compliquées, la difficulté d’accès au foncier ou encore l’absence de main d’œuvre qualifiée.

Parmi les TPE qui ont demandé un crédit en 2019, 28% n’ont pas eu de réponse favorable à leurs demandes de crédits et ce en raison de l’insuffisance de garanties (52%), ou encore le manque de confiance dans l’entreprise (20%). Les TPME bénéficiaires de crédits ont dû présenter leurs biens personnels comme garanties dans 38% des cas.

Toujours selon le HCP, 58% des chefs d'entreprises sont insatisfaits des services offerts par les institutions financières. Ce mécontentement est plus accentué chez les TPE (63%). Selon la perception des chefs d’entreprises, les deux facteurs les plus déterminants pour l’accès au financement bancaire, à savoir les garanties exigées et le taux d’intérêt, se sont davantage resserrés durant la période considérée.

Elles sont également peu à mener des activités de recherche et de développement (3% du total des entreprises engagées dans la R&D), et seulement 37,8 d’entre elles ont effectué des recrutements en 2019. Les TPE recrutent principalement des techniciens spécialisés et des ouvriers qualifiés. Les principaux obstacles à la politique de recrutement sont l’insuffisance de l’activité et le coût élevé de la main d’œuvre, mais également le peu de flexibilité de la réglementation, et l’inadéquation de la formation et de l’emploi.

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