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Marrakech

La Fondation Farid Belkahia donne «Carte Blanche» à Mohamed El Baz dans ses espaces

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La  Fondation Farid Belkahia à Marrakech honore l’art contemporain marocain en invitant l’artiste Mohamed El Baz à investir son espace du 20 octobre au 17 novembre 2018. Trois grandes pièces maîtresses  composent cette exposition intitulée « Carte Blanche » et qui traite la dialectique de la vie et de la mort.  

Donnant libre court à Mohamed Baz pour occuper les espaces de la fondation y compris son musée, son jardin et la salle de conférence appelée « Diwan Al Majalis », Rajae Benchemsi, la présidente de la Fondation Farid Belkahiya dit avoir voulu créer « une confrontation artistique, un dialogue entre l’œuvre de Belkahiya et celui de Mohamed Baz, pour une réinvention perpétuelle ». « Carte Blanche » est ainsi composée de trois installations qui sont « une classe morte », « l’Arbre techno » et « la carte de Maroc ».

Rencontré, le samedi 20 octobre, à la ville ocre lors du vernissage de cette exposition parrainé par le groupe OCP, Mohamed El Baz se confie à 2M.ma à propos de sa « Carte Blanche ».

« Quand la Fondation Belkahia m’a invité à faire l’exposition, j’ai dû accepter à condition de faire des œuvres nouvelles. Pour moi, il était hors de question que je viens avec des ouvres qui existaient déjà. Je suis venu sur le site, j’ai visité, regardé et je me suis inspiré de l’espace », s'est-il confié. Mohamed El Baz avoue ainsi avoir laissé l’espace de la Fondation le guider, lui dicter l’œuvre, en quelques sortes les œuvres.

L’artiste explique: « Par exemple quand j’ai fais cette classe (Classe morte, NDLR), je voulais s’interroger sur ce lieu que j’ai transformé en salle de classe à travers des bancs, le son de l’alphabet arabe qui se répète dans la salle et les photos des yeux rouges, ceux des enfants. Ce qui m’intéressait c’est de communiquer la contradiction dans  ce lieu transparent du plafond mais qui demeure fermé. La salle de classe appelle  à regarder le ciel mais il est barré et c’est cet aspect que je veux relever ».  

Revenant sur l’œuvre « l’Arbre techno», deuxième pièce de l’exposition, Mohamed El Baz a indiqué avoir «travaillé à maintes reprises sur la thématique de l’arbre. Je m’inspire du peintre hollandais Piet Mondrian, un des pères de la modernité occidentale. Cet artiste possède toute une série appelée « Trees » (arbres). Il part de la représentation classique de l’arbre, mais, au fur et à mesure, l’objet arbre devient  de plus en plus abstrait à tel point qu’il modifie l’idée de l’arbre jusqu’à la rendre presque anti-naturel. Alors que l’arbre est le symbole par excellence de la nature ».

Refusant toute interprétation de sa part de son œuvre, El Baz, à la question est ce que cet arbre en métal est le symbole de cette « non vie », de l’époque contemporaine, répond par l'affirmative. «Oui c’est quelque chose de naturelle qui n’est plus naturelle. En métal avec un découpage un peu technologique. Presque le degré zéro de l’arbre de la vie. Cet arbre me rappelle une discussion avec Farid Belkahiya sur le sujet « arbre ». Pour moi une œuvre n’est pas seulement des tableaux mais plutôt, l’occasion de vivre des situations inhabituelles », a-t-il dit.

Troisième pièce de cette exposition d’El Baz à la Fondation Farid Belkahiya est composée d’un puzzle blanc des 12 régions que compte le découpage territorial, avec comme musique de fond l’hymne national et une photo en feu de Farid Belkahiya accrochée au mur en face.

«Je crois que cette pièce est la seule qui rend hommage directement  à Farid Belkahiya. J’ai repris la photo de Fouad Maâzouz de Farid. La photo est d’ailleurs très connue et elle est l’image emblématique de la Fondation Belkahia. J’ai mis le feu sur le visage, ce n’est surtout pas un geste violant. Farid est mort, où est-il ? Oui, quelque part, je me pose l’interrogation pour le garder en mémoire. La carte puzzle du Maroc relève, une nouvelle fois, la question de la diversité d’une nation, qu’est ce que le Maroc ? Notre pays », a-t-il indiqué.

Pour Mohamed El Baz, le pari est de réussir à créer un dialogue abstrait entre ses installations artistiques et l’œuvre du pionnier Farid Belkahia.

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