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HCP : 53% des migrants marocains à l'étranger sont partis à la recherche d'un emploi

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Le HCP vient de livrer les premiers résultats de l'Enquête Nationale sur la Migration Internationale. Réalisée entre 2018 et 2019, l'enquête révèle les caractéristiques socio-démographiques et économiques des migrants actuels et des migrants de retour, ainsi que les intentions d’émigrer des personnes non-migrantes.

En effet, le Maroc, considéré auparavant comme pays d’émigration, est progressivement devenu un pays de transit et de séjour d’immigrés, en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne, pointe le HCP du doigt. Ainsi, cette enquête a été motivée, explique l'organisme statistique, par le fait que "la bonne gouvernance des questions migratoires est tributaire de la mise en place d’un système d’informations fiables, intégrées et actuelles sur la migration, intégrant des données issues de recensements, d’enquêtes et de sources administratives". 

Majoritairement jeunes, de sexe masculin et ayant atteint un niveau d'enseignement supérieur

Le HCP explique d'abord que le migrant actuel est défini comme "toute personne de nationalité marocaine, âgée de 15 ans ou plus, qui était membre du ménage objet de l’enquête et qui réside actuellement à l’étranger". Les premiers résultats de l'enquête, qui a couvert un échantillon représentatif de 11.780 migrants actuels, révèlent que plus des deux tiers d'entre-eux sont des hommes (68,3%), et qu'un sur quatre migrants actuels est un jeune âgé de 15 à 29 ans (27,0%).  

Il convient de noter, poursuit le HCP, que sept sur dix (72,7%) d'entre eux étaient célibataires à la première émigration, contre 26,2% mariés. Ces proportions se sont quasiment inversées au moment de l'enquête, avec respectivement 33,6% et 62,4%.

Le HCP indique aussi que "33,6% de ces migrants ont atteint le niveau d’enseignement supérieur, 24,5% l’ont achevé et 9,1% ne l’ont pas achevé". La part de ceux ayant le niveau secondaire qualifiant est de 17,4%, le niveau collégial 16,3% et le niveau primaire 16,9%. Ceux avec aucune niveau d’éducation sont de l’ordre de 10,2%.

On apprend également que plus de 7 sur 10 de ces migrants (71,9%) ont la nationalité marocaine uniquement, et 
27,4% ont acquis une autre nationalité.

Pour ce qui est des raisons qui ont motivé le départ des migrants actuels, on retrouve que plus de la moitié (53,7%) ont émigré principalement à la recherche d’emploi ou à l’amélioration de leurs conditions de vie. L’éducation ou la poursuite d’études viennent en seconde position avec 24,8%. Le regroupement familial ou le mariage sont évoqués par 20,9% d’entre eux, particulièrement parmi les femmes (48,7% des femmes interrogées avaient évoqué cette raison). 

La France, l’Espagne et l’Italie attirent les trois-quarts des migrants actuels

Toujours selon le HCP, l’Europe prédomine en tant que destination d’émigration avec une part de 86,4%. La
France vient en première position avec 31,1%, suivie par l’Espagne (23,4%) et l’Italie (18,7%). L’Amérique du Nord attire 7,4% de ces migrants (3,8% pour le Canada et 3,6% pour les USA) et les pays Arabes 4,2%.

 

Dans l’ensemble, 2 sur 3 migrants actuels (64%) exercent une activité professionnelle dans leur pays d’accueil. Sur le plan du statut professionnel, plus de 8 sur 10 (82,2%) sont des salariés, 69,4% avec contrat et 12,8% sans contrat. La part des indépendants est de 10,4% et celle des employeurs de 3,3%. 

De plus, 42,3% des migrants actuels ont déclaré avoir transféré de l’argent aux membres de leur ménage d’attache ou à d’autres personnes au Maroc au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête, et seulement 3,9% d'entre eux ont déclaré avoir réalisé des projets d’investissement au Maroc. Les principaux secteurs d’investissement sont l’immobilier (40,7%), l'agriculture (19%), la construction (16,6%), le commerce (5,5%), la restauration et les cafés (4,5%) et d'autres services (6%).

Regroupement familial et mariage, principales raisons du retour des migrants au Maroc

L’enquête a également couvert un échantillon représentatif de 4.635 migrants de retour. Ces derniers sont définis comme étant "tout membre du ménage enquêté, né au Maroc, qui a vécu à l’étranger pendant au moins 3 mois et qui est rentré au Maroc depuis le 1er janvier 2000, et qui était âgé de 15 ans ou plus à son retour". 

Selon les résultats de l’enquête, le nombre total de ces migrants au Maroc s’élève à 187.566 individus. 81,2% d’entre eux résident dans les villes.

 

Dans le détail, cette tranche est composée de 71,9% d'hommes et de 28,1% de femmes. Le retour de migration touche tous les âges, quoique plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 39 ans (52,5%). Une fois encore, la France, l'Italie et l'Espagne, principaux pays d’accueil des marocains résidant à l’étranger, sont également les principaux pourvoyeurs en migrants de retour avec respectivement 32%, 22,2% et 19,1%.

Toujours selon le HCP, un peu plus du quart de ces migrants de retour ont atteint un niveau d’enseignement supérieur (28,5%), et près du quart (24,5%) ne disposent d’aucun niveau d’instruction.

Dans leur principales motivation pour le retour, cette catégorie cite le regroupement familial ou le mariage 
(27,3%). Les contraintes liées au travail, à savoir le chômage, les mauvaises conditions de travail et la fin du contrat de travail, viennent en deuxième position avec 15,2%. S'en suivent la retraite (14,2%), la nostalgie de retourner au pays d’origine (7,6%), les expulsions et refoulements (6,1%), l’éducation et formation des
enfants (6%), les raisons de santé (4,2%) et le désir d’investir dans le pays d’origine (3,4%).

Parmi les migrants de retour au Maroc, ceux qui ont déclaré avoir investi au royaume sont de 14%. Les principaux secteurs d’investissement sont le commerce avec 25,4%, l’agriculture (17,3%), les cafés et les restaurants (11,4%), l’immobilier (8,7%), la construction (6,7%) et l’industrie (2,9%).

Selon eux, les raisons les empêchant d’investir au Maroc sont principalement le manque ou l’insuffisance de capital avec 36%, les difficultés et contraintes administratives (15,6%), l’absence de motivations fiscales et d’aides financières (12%), la corruption et le favoritisme (9,5%) et le manque d’expérience ou de formation (6%).

Forte propension à l’émigration parmi les jeunes

L'enquête du HCP a également sondé les intentions d'émigration dans un échantillon de 5.765 personnes n'ayant jamais émigré ou ayant résidé moins de 3 mois à l'étranger. 

Près du quart (23,3%) des sondés dans cette catégorie ont déclaré avoir l'intention d'émigrer, informe le HCP.

Cependant, cette intention varie de manière significative selon le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Elle est le fait de 28,6% des hommes contre 17,7% des femmes, et de 40,3% pour les personnes âgées de 15 à 29 ans contre 10,3% pour les 45-59 ans, peut-on lire. Elle est également le fait de 25% de ceux ayant le niveau d’études secondaires ou supérieures contre 12,4% pour ceux n’ayant aucun niveau d’instruction.

L’intention d’émigrer est relativement plus élevée parmi les sans emploi (50,9%), et les raisons économiques en sont la principale motivation pour 70% des sondés. 

Pour ce qui de la destination envisagée, l’Europe arrive en tête avec 80% des choix exprimés. Viennent ensuite les pays de l’Amérique du Nord avec 8,8% et les pays arabes (2,8%).

Dans les conclusions des premiers résultats de cette enquête, le HCP signale que sur 8,1 millions de ménages en 2018, 8,4% sont touchés par la migration, c'est-à-dire avec soit un membre émigré, soit de retour d’émigration, ou les deux à la fois.

A titre de précision, la première phase de cette enquête a ciblé un échantillon de 15.076 ménages, répartis en 8.144 ménages de migrants actuels, 4.072 ménages de migrants de retour et 2.860 ménages de non migrants. La collecte des données, effectuée sur support informatique, a été réalisée sur le terrain entre août 2018 et janvier 2019.

La deuxième phase de cette enquête, dont la réalisation est prévue au premier trimestre de 2020, concerne la migration forcée et irrégulière.

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