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Hammam Diaries, l'exposition photo tout en nostalgie signée Mehdy Mariouch
Culture

Hammam Diaries, l'exposition photo tout en nostalgie signée Mehdy Mariouch

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Les bains maures, un sujet pour le moins peu commun en photographie. C’est le projet qui tenait à cœur Mehdy Mariouch. Hammam Diaries est née de la volonté de faire un saut dans le temps, de revenir sur l’enfance, une époque d’insouciance où les souvenirs sont encore clairs dans la tête de l’artiste.

Ces anecdotes qui ont été vécues par grand nombre de Marocains attachés aux traditions des hammams lui ont permis de shooter des séquences « d’une puissance émotionnelle rarissime et exceptionnelle ». Mehdy Mariouch a réussi à documenter à travers son objectif cet instant intime qui représente à la fois un héritage culturel et social.

« C’est en fait un sujet autobiographique tout simplement parce que j’ai photographié mon entourage, ma famille mais surtout cet espace que je fréquente depuis mon plus jeune âge. C’est le hammam de mon quartier », raconter Mehdy Mariouch. Contacté par 2m.ma il soutient que son but était de revenir à la tradition, les hammams d’antan.

Revivre des moments d’enfance

« Ce n’est pas le genre de hammam très traditionnel, en même temps ce n’est pas un style moderne. Je voulais revenir au vrai hammam où l’on retrouve par exemple ‘Lbarma’, c’est un élément qui était primordial auparavant dans un hammam qu’on commence à perdre maintenant », déplore-t-il. Mehdy Mariouch se désole également de « la montée des hammams turcs ». « Ce hammam en question est en vente et va prochainement devenir un hammam moderne, il y a donc ce volet un peu lié à la mémoire et l’hommage à ce genre d’espace, évoquer l’histoire du hammam à travers ces clichés. »

Dans son travail, le photographe a voulu faire quelque chose de nouveau et ainsi se démarquer de manière subtile. Un projet qui lui a été facilité notamment par sa familiarité avec les lieux et avec ses modèles. « Il n’y a presque pas de photographe qui ont documenté ce genre d’espace. J’ai essayé avec pudeur de photographier des gens de mon entourage qui me connaissent, peut-être le fait que je sois enfant du quartier et que je sois adopté par ces gens m’a aidé dans le fait de les photographier dans cette intimité et dans ce cadre. La tâche était d’autant plus facile que j’avais face à moi mon neuve, mon père, mes frères ou encore mes amis ! »

 

Tant de personnes qui ont su recréer les vraies situations et souvenirs du hammam de notre enfance, « je voulais mettre un peu d’humour et de nostalgie dans cette série de photos. J’ai ainsi mis en scènes des anecdotes typiques comme mettre par exemple du savon par terre et commencer à glisser, ce sont des clichés d’enfance qui me sont restés gravés », se remémore Mehdy. Et d’ajouter : « L’idée au départ c’était vraiment des clichés que j’ai publiés sur Instagram et ce sont des critiques d’art comme Jamal Boushaba entre autres qui lorsqu’ils ont vu les photos m’ont encouragé à faire la suite et à mettre un peu en forme cette série. Au début ‘était de l’amusement, ce n’était pas du sérieux et au fur et à mesure le projet a pris vie ».

Accompagner les photos du son

A la question est-ce qu’une série au cœur du hammam féminin pourrait voir le jour, notamment en collaboration avec une photographe, Mehdy n’est pas réticent à l’idée. « C’est très possible de pouvoir faire la même chose en collaboration avec une photographe pour les femmes, c’est très faisable. Le seul hic, c’est qu’il faut être sur la même longueur d’ondes, il faut qu’elle partage la même vision. Dans mon travail je n’étais pas dans le vulgaire ou dans la provocation, j’étais dans l’intimité mais avec pudeur », explique l’artiste.

Un travail tout en finesse qui lui a permis d’évoquer enfin l’aspect social. « Au moment de rentrer au hammam, on est nu corps et âme, c’est aussi une manière de mettre à nu, face à l’objectif, la personne photographiée dans tous les sens du terme. Le rapport avec le corps est totalement différent que le rapport que l’on a avec à l’extérieur par exemple ou sur une plage, ce n’est pas le même avec les autres aussi. Par exemple on peut facilement demander à quelqu’un au hammam de nous faire le gommage et vice versa, cette personne nous caressera, nous touchera forcément. Elle ne sera cependant pas accusée de quoi que ce soit, c’est fait sans arrière-pensée, c’est une façon de se libérer et l’environnement s’y prête. C’est ce que je voulais faire ressortir et mettre en scène », détaille Mehdy.

La série compte ainsi une quarantaine de clichés dont une vingtaine sont exposés à l’institut français de Meknès jusqu’à la fin du mois avant de voyager vers Tanger où l’exposition sera intégrale. « Pour l’intégralité du travail il y a aura une installation sonore qui l’accompagnera et sera totalement exposé à Tanger prochainement. Il y aura le son du hammam, la cacophonie, les échos des robinets, la nostalgie sonore quoi ! », conclut le Casablancais.

 

 

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