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Justice

"Choc" au Parlement européen et à Alger après la condamnation du journaliste algérien Khaled Drareni

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La cour d’appel d’Alger a condamné, mardi 15 septembre, à deux ans de prison le journaliste Khaled Drareni, directeur du site d’information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF).

Khaled Drareni a été emprisonné le 29 mars dernier, accusé par les autorités d'"incitation à attroupement non armé" et d'"atteinte à l’unité nationale". Ses deux co-inculpés dans le même dossier, Samir Belarbi - une des figures du Hirak - et le militant des droits de l’homme Slimane Hamitouche, qui ont comparu libres, ont vu leur peine de prison de quatre mois, couverte par leur détention provisoire, elle aussi confirmée, selon la presse algérienne.

Choc et consternation sont les mots qui ont été choisis aussi bien par le Parlement européen que par des journalistes et des militants en Algérie, pour qualifier la condamnation en appel de Khaled Drareni.

«Je suis choqué par la condamnation en appel à deux ans de prison ferme du journaliste Khaled Drareni. Cette sentence est la plus lourde infligée à un journaliste depuis l'émergence d'une presse indépendante en 1989», souligne le Président de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb au Parlement européen, Andrea Cozzolino.
 

Ce verdit, a-t-il affirmé dans une déclaration publiée sur Tweeter, «envoie un bien mauvais signal à la veille du référendum du 1er novembre pour l'adoption d'une nouvelle Constitution, laquelle prévoit pourtant un renforcement des droits et libertés publiques ».

Cette condamnation, a-t-il poursuivi, «envoie aussi un très mauvais signal à la société algérienne, laquelle s'est courageusement mobilisée depuis février 2019 contre l'injustice, la corruption et pour la défense de la démocratie et des libertés ».

En couvrant pour les médias les manifestations populaires et pacifiques du Hirak, Khaled Drareni n'a fait que son métier de journaliste, a rappelé M. Cozzolino, appelant «toutes les autorités algériennes, et notamment nos collègues du Parlement algérien pour qu'ils se mobilisent afin d'obtenir au plus vite la libération de Khaled Drareni et l'abandon des charges iniques qui pèsent contre lui".

Pour sa part, la présidente de la sous-commission des droits de l'homme, Marie Arena a souligné que «la condamnation en appel à deux ans de prison ferme du journaliste Khaled Drareni verrouille le droit à la liberté d'expression dans un pays où la liberté de la presse a été chèrement acquise mais sauvegardée», notant qu' «il n'est pas de démocratie sans justice, ni de justice sans libertés ».

 

 

Cette condamnation a soulevé la réprobation des associations de défense des droits humains, et celles des organisations de journalistes.


"Les Algériens sous le choc après la condamnation du journaliste Khaled Drareni" titre le journal  "La Croix" dans sa version électronique.

Colère contre la « justice du téléphone »
Les nombreux soutiens, journalistes, militants, familles, en colère, ont scandé des mots d’ordre pour la libération de Khaled Drareni et contre la « justice du téléphone », une allusion directe à l’absence d’indépendance des juges dans le traitement des dossiers politiques comme dans le cas de cette affaire. L’émotion était très forte. De nombreux proches, des collègues, des membres de sa famille étaient effondrés en larmes. Et les services d’ordre ont dû recourir à des renforts pour faire évacuer le rassemblement déchaîné d’une centaine de personnes, écrit le journal algérien.


"Les avocats vont désormais contester en cassation ce verdict du 15 septembre devant la cour suprême", selon la meme source.
 

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