Plus de résultats
En ce moment
Chèque en Tifinagh: Un pas de plus vers la vulgarisation des procédures bancair…
Economie

Chèque en Tifinagh: Un pas de plus vers la vulgarisation des procédures bancaires

La perception qu'entretient le citoyen marocain des banques est caractérisée par de nombreux préjugés qui restent encore à démystifier. La parfaite illustration nous ​​​​​​vient de Nador, où M. Rachid Bouhaddouz a libellé et encaissé avec succès un chèque en Tifinagh.

Le 2 décembre dernier, M. Bouhaddouz a rédigé ce chèque d'un montant de 120.000 dhs, dans les caractères utilisés pour exprimer la langue Amazighe, et s'est dirigé vers une agence de CIH Bank de la ville dans l'intention de procéder à ce qu'il a qualifié comme une "expérimentation".

Cette action, largement reprise et ovationnée sur les réseaux sociaux, avait un simple postulat de départ : "l'Amazighe étant un langue officielle, un chèque rédigé en cette langue doit être encaissé par des banques opérant sur le territoire marocain", avait exprimé M. Bouhaddouz dans des déclarations médiatiques. 

"Après réception du chèque, nous avons vérifié la conformité du montant et de la signature, et le chèque a été encaissé par son porteur", confirme à 2M.ma un haut cadre de CIH Bank. La raison invoqué par ce responsable est qu'aucune référence juridique ne fait allusion à l'impératif de rédiger un texte dans une langue précise. "Il faut seulement que le chèque soit lisible, et qu'on puisse déchiffrer les montants qui y sont inscrits", poursuit notre source, en affirmant qu'il n'est pas rare de recevoir des chèques rédigés en anglais, qui n'est pourtant pas une langue officielle du Royaume. 

Vulgarisation des procédures bancaires, un long chemin à parcourir

N'en déplaise à M. Bouhaddouz, qui a clamé avoir été le premier citoyen du Royaume à encaisser un chèque en Tifinagh sous la bannière de "l'activation populaire de l'officialisation de la langue Amazigh", la loi organique relative au caractère officiel de langue Amazighe ne fait pas mention du chèque comme document qui doit être rédigé en Tifinagh, au contraire du passeport, de la carte d'identité nationale ou encore du permis de conduire.

Un petit effort de communication reste donc à faire à ce sujet, preuve en est que le premier concerné a avoué avoir été "surpris" par l'accord de la banque, lui qui avait préalablement engagé un avocat (qui l'a accompagné à l'agence bancaire), au cas où sa requête aurait été refusée. 

Le 5 décembre courant, M. Bouhaddouz a tenté la même expérience, cette fois auprès d'une agence de la Banque Populaire à Nador. Encore une fois, à sa "surprise", le chèque a été encaissé après vérification de son contenu. 

Preuve en est que l'éventail de services qu'offrent les banques, et surtout leurs procédures, restent toujours à vulgariser!

 

 

 

 

Les contenus liés

Les articles à la une