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Ayoub El Machatt : le jazz dans la peau
Musique

Ayoub El Machatt : le jazz dans la peau

Le compositeur marocain s’est produit samedi 8 avril à l’hippodrome Casa-Anfa, dans le cadre de la 12ème édition du Jazzablanca, organisée du 8 au 16 avril à Casablanca.

On pourrait le qualifier d’enfant prodige. Très jeune encore, Ayoub Machatt s’intéresse à la musique et prend des cours de violon au conservatoire. Mais un seul instrument ne suffit pas à calmer sa soif d’apprendre, et il décide d’apprendre à jouer d’autres. On raconte qu’il joue une vingtaine d’instruments, chose qu’il réfute en expliquant que « quand on aime, on ne compte pas ».

Bercé par le répertoire de « Ghiwane », Ayoub tombe par la suite amoureux d’autres genres musicaux, tels que le Blues, le Funk ou encore le Jazz. En autodidacte, c’est d’abord auprès des internautes qu’il se construit une réputation, notamment en réalisant des vidéos de « One-Man-Band ». Un concept qui n’est pas très en vogue au Maroc, et qui consiste à former un groupe avec un seul membre en usant de simulations d’effet. Ses vidéos publiées sur youtube cartonne, et il décide de former le « Ayoub El Machatt & friends », un groupe d’inspiration Blues & Funk avec lequel il enchaîne les concerts. En 2016, l’artiste sort son premier album, « Sawamit » et fait depuis une tournée nationale notamment au Jazzablanca et Tanjazz.

Est-il vrai que vous jouez autant d’instruments ?

Si je joue autant d’instrument, c’est avant tout afin de développer mes capacités d’arrangement et de composition. Lorsqu’on est multi-instrumentiste, on a plus de facilité à mesurer le rendu de chaque instrument, et donc plus de simplicité à les faire jouer ensemble. Mais les instruments que j’aime le plus c’est le « Watar », l’instrument berbère, le clavier, le Oud et le clavier.

Avant de vous produire sur scène, vous aimiez faire des Covers d’artistes qui vous inspirent…

J’ai commencé la musique à 8 ans. Mais ce n’est que récemment, en 2013, que j’ai lancé ma carrière de musicien lorsque j’ai eu l’idée de créer ma chaine Youtube. J’ai remarqué que mes reprises plaisaient aux internautes. Alors quand j’ai aiguisé mes armes, je me suis lancé dans la composition, surtout le jazz. Ce genre permet au musicien d’avoir plus de liberté et plus de marges de manoeuvres, et ce surtout l’improvisation qui m’intéresse.

Ayouch Machatt & friends

Comment définissez-vous votre univers musical ?

C’est tout simplement une musique qui porte un message, qui transmet un sentiment, et qui essaie de hausser la culture musicale du public. Je fais donc la différence entre art et divertissement, ceux qui me connaissent savent comment je pense. Pour moi, la musique est une cause. Je me bas pour développer la culture musicale et artistique au Maroc. On nous inonde à la radio de tubes, des cylindres vides de l’intérieur, je suis désolé…

Vous faisiez des reprises, puis un one-man-band, jusqu’à la création d’un groupe. Comment s’est faite cette transition ?

J’ai remarqué que le concept du One-Man-Band marchait très bien à l’étranger, et je voulais l’appliquer à la musique marocaine et aux musiques que j’aime bien. Plus tard, mes amis me demandaient de me produire sur scène. J’ai alors décidé de m’entourer d’artistes qui partagent la même vision que moi. La première expérience sur scène je l’ai faite, justement, avec mon groupe. J’ai aujourd’hui l’immense plaisir d’avoir avec moi Amine Kihel à la batterie, Anas Berrada à la basse et Moncef Ibraoun à la guitare.

Des projets à l’avenir ?

Après le Jazzablanca, nous allons donner un concert à Tanger le 17 septembre à 19h, place de la corniche, dans le cadre du festival Tanjazz. On aura donc l’occasion de proposer notre album au public tangérois pour faire la clôture du festival. On aura bientôt d’autres dates qui seront confirmées incessemment. 

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