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Addis-Abeba : Session publique du CPS de l’UA sous la présidence du Maroc
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Addis-Abeba : Session publique du CPS de l’UA sous la présidence du Maroc

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Le changement climatique et son impact sur les Etats insulaires en Afrique ont été au centre d’une session publique, mardi du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), présidée par le Maroc.

Cette session a été marquée par la participation des départements principaux de la Commission de l’Union africaine, des missions permanentes auprès de l’UA, le corps diplomatique accrédité à Addis-Abeba, des représentants de la société civile, des organisations internationales et des agences des Nations Unies.

D’emblée, le Président du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, l’ambassadeur Représentant permanent du Royaume auprès de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA-ONU), Mohammed Arrouchi, a relevé que le changement climatique constitue «une menace à la paix et la sécurité mondiale et aucun pays ou région n’en est à l’abri».

«L’Afrique paie un lourd tribut dans l’équation +climat+ et représente le Continent le plus pénalisé» sachant qu’«il n’émet que 4 pc des gaz à effet de serre», a déploré le président du CPS pour le mois de septembre, faisant remarquer que le changement climatique, la lutte pour les maigres ressources et l’extrême pauvreté sont des facteurs qui se chevauchent causant davantage de vagues de réfugiés et de déplacés internes.

Evoquant les effets néfastes du changement climatique sur les écosystèmes du Continent africain, sa sécurité et sa stabilité, le Représentant permanent du Royaume auprès de l’UA et de la CEA-ONU, a noté que ces effets «menacent gravement les droits élémentaires de plusieurs dizaines de millions d’Africains».

L’immense réserve d’eau douce, que constituait jadis le Lac Tchad, a déjà perdu 94 pc de sa superficie et est menacé d’assèchement définitif, 4 millions d’hectares et de forêts, soit deux fois plus que la moyenne mondiale, disparaissent chaque année, l’agriculture n’est pas en reste puisque les rendements agricoles du Continent pourraient baisser de 20 pc à l’horizon 2050 au moment même où la population africaine aura doublé, a mis en garde le président du CPS.

Autre chiffre alarmant, l’Afrique compterait dans les prochaines années près de 60 millions de déplacés du fait de la rareté de l’eau, si rien n’est entrepris dans ce domaine, a ajouté M. Arrouchi.

Face à cette situation alarmante, il importe que le Continent africain exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires pour faire face au changement climatique. «Nous sommes donc face à trois impératif, en l’occurrence l’accès aux financements nécessaires, l’identification des mécanismes de mise en œuvre de programmes ciblés et opérationnels et le renforcement des capacités institutionnelles et technologiques de notre continent dans ce domaine», a insisté M. Arrouchi.

Outre les menaces et effets néfastes du changement climatique dont souffre l’ensemble du globe, les petits pays insulaires en Afrique (le Cap-Vert, Comores, Guinée-Bissau, Maurice, Sao Tomé-et-Principe, Seychelles et Madagascar) sont exposés en première ligne face à d’autres menaces particulières, notamment la multiplication des évènements météorologiques extrêmes, les cyclones tropicaux et extra-tropicaux, la hausse des températures de l’air, mais aussi la variation des régimes pluviométriques avec la montée du niveau de la mer en tant que menace la plus largement reconnue tout au long des basses zones côtières des îles, a affirmé le président du CPS.

Les sept pays insulaires africaines ont des caractéristiques communes, comme leur insularité et leur disparité géographique ainsi qu’une population faible, mais leur vulnérabilité n’est pas partout la même et leur capacité de résister au changement climatique est variable selon les capacités et chacun d’entre eux, a souligné M. Arrouchi.

Pour le Président du CPS, les pays insulaires d’Afrique ont besoin de renforcer leur maîtrise des impacts des changements climatiques et des stratégies potentielles pour y remédier, soulignant dans ce sens l’impératif de mener une réflexion entre l’UA et les partenaires et organisations internationales pour évaluer les besoins de chacun de ces pays en matière d’adaptation au changement climatique, définir les interventions prioritaires pour augmenter la résilience de chaque pays et réduire les pertes résiduelles et les dégâts.

Cette session publique devrait adopter, entre autres recommandations, des stratégies qui doivent améliorer la résilience, renforcer les capacités institutionnelles pour améliorer la résilience écologique et économiques des Etats insulaires, assurer une prospérité économique durable et lutter contre le changement climatique en intégrant l’économie bleue outre la conservation de la biodiversité et en particulier des ressources marines et côtières et l’amélioration de la gouvernance des océans, y compris la lutte contre la pollution marine et la gestion durable des pêches.
 

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