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Gestion des stocks de sécurité au Maroc : le bilan alarmant de la Cour des comptes

Dans son rapport annuel, la cour des comptes tire la sonnette d’alarme quant à la gestion des stocks de sécurité de divers produit à savoir le gasoil, le butane, le blé tendre, le sucre, les médicaments et les dons de sangs.

Régi par la loi n° 09-71 du 12 octobre 1971, le système de stockage de sécurité au Maroc est à revoir. Selon le rapport, « il reste incomplet et n’apporte pas les définitions et les spécifications nécessaires pour une gestion efficace des stocks de sécurité́ ».

Produits pétroliers, des manquements substantiels

D’après la cour des comptes, les produits pétroliers, sont marqués par une insuffisance structurelle par rapport au niveau prévu par la règlementation qui est de 60 jours de consommation pour les produits raffinés chez les distributeurs. En effet, le stock de sécurité disponible du gasoil à fin 2015 ne permettait de couvrir, en moyenne, que 24,1 jours de consommation, le stock du butane pour la même période permettrait de couvrir 27,5 jours de consommation, et le stock du fuel quant à lui est dans une situation critique avec des niveaux ne dépassant pas cinq jours de couverture en 2015, note le rapport. Cette insuffisance est due, selon la même source, aux manquements au niveau des capacités de stockage.

Blé tendre et sucre, la situation est sous contrôle

Pour ce qui est des produits alimentaires, la situation est moins grave. Les stocks de blé́ tendre ont globalement présenté́ des niveaux permettant l’approvisionnement normal du marché national. Mais, le stockage reste concentré dans trois régions du centre-nord qui comptent environ 62% des capacités globales. Toutefois, la cour a du mal à connaitre le volume réel des stocks de blé disponibles suite au nombre important des stockeurs « 280 organismes stockeurs, 30 importateurs et 164 minoteries industrielles ».

Le sucre quant à lui, a enregistré des fluctuations significatives avec des périodes de fortes réserves. En effet, en 2015, le stock disponible a dépassé́, en moyenne, deux mois de consommation, détaille le rapport.

Médicaments et dons sanguins, une insuffisance aigue

Quant aux produits de santé, la cour précise que la réglementation des stocks ne tient pas compte des spécificités des produits pharmaceutiques qui se comptent par milliers. Bien que le ministère de la santé ait déployé́ une plateforme informatique pour la déclaration des stocks et leur suivi, la situation reste tout de même difficile, moins efficace, et ne permet pas de se focaliser sur les produits les plus critiques, souligne le rapport.

Concernant les dons sanguins, la situation est très critique. « La situation des stocks de sang au Maroc montre que leurs niveaux sont encore limités par rapport aux besoins et ne permettent pas de renforcer la sécurité́ d’approvisionnement en ces produits », écrit-on. En plus de leur pénurie, les dons sanguins sont marqués par une variabilité significative entre les régions. « Ils sont généralement plus limites dans les grands centres urbains », observe la cour des comptes.

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